PEINTURES FUNÉRAIRES — LA RÉSURRECTION DU CHRIST
Une décoration somptueuse environnait primitivement le tableau. Sur le sol de la chapelle était placé un tombeau garni de festons et orné d’une urne ; à côté du tombeau, on voyait deux pilastres ornés et deux grandes conques ; au-dessus se trouvent deux lampes, deux cartouches et une frise sculptée. Dans la frise était placé le portrait peint de Jean Moretus, porté par deux anges. Les sculptures ne coûtèrent pas moins de 860 florins. On paya plus de 270 florins au doreur, et 87 florins 12 sous pour la plaque de cuivre et la gravure de l’épitaphe. Le monument
Quittance pour le tableau ornant le tombeau de Jean Moretus (Musée Plantin-Moretus, Anvers).
fut démoli en 1 794 par ordre des commissaires de la République française et vendu 6 florins; en même temps, on transporta le triptyque à Paris. Il revint en 1815 et fut restitué à la famille Moretus, qui le fit remettre à son ancienne place dans l’église Notre-Dame, pour qu’il y restât éternellement. Le portrait de Jean Moretus, qui le couronnait, fut aussi replacé au-dessus du nouveau cadre de marbre, que la famille fit faire en 1819.
Le sujet était naturellement indiqué. Le Christ, se levant du tombeau, symbolisait la Résurrection de tous les hommes ; les patrons des défunts rappelaient ces derniers. Le panneau du milieu représente le Christ un pied posé sur le bord en saillie du tombeau. De la main gauche il tient la longue hampe d’une bannière qui flotte au-dessus de sa tête. De la main droite il tient la palme, qui symbolise, comme la bannière, sa victoire sur la mort ; sur cette main retombe également le suaire blanc, qui descend de l’épaule à la ceinture.
Une gloire rayonnante entoure sa tête blonde, dont les traits doux et gracieux contrastent par leur calme avec le trouble et la terreur de la scène. Autour de cette gloire s’entassent des nuages où planent des têtes d’anges. A l’horizon, s’allument les premières clartés de l’aube. Au premier