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LE RETABLE DES POISSONNIERS A MALINES

Guillaume de Bavière, deux grands tableaux, Y Adoration des Bergers et la Descente du Saint Esprit.

Rubens devait reprendre encore le sujet de Y Adoration des Rois, et lui donner des formes nouvelles. Il y trouvait un attrait particulier, parce que le sujet lui donnait l’occasion de grouper et de faire agir une foule multicolore de personnages auxquels il ajouta plus tard des animaux. Il n’y a pas de scène à laquelle il revienne avec une préférence plus marquée, et qui lui fournisse une occasion plus favorable de montrer son incomparable facilité pour le récit et la mise en scène.

Le Retable des Poissonniers a Malines. Rubens avait à peine reçu le premier à compte sur le prix des tableaux de l’église Saint-Jean à Malines, lorsque la Confrérie des Poissonniers de la même ville lui commanda un retable pour son autel. Cet autel était situé dans l’église de Notre-Dame de la Dyle, et se trouvait sous l’invocation de saint André. Il avait été détruit par les iconoclastes en 1580, et relevé de 1586 à 1597. En 1613, la Corporation décida de le décorer de tableaux et, cette même année, Barthélemy van Roye livra les panneaux de bois ; un tiers de la somme de 625 florins, moyennant laquelle il avait entrepris cet ouvrage, lui fut payé en 1613. Les deux autres tiers, en 1615. En 1617, la Confrérie s’adressa à Rubens pour le charger de faire les tableaux. Nous trouvons dans son registre une foule de détails sur la commande et la livraison, et nous voyons se produire ici ce qui arriva à Anvers pour la Descente de Croix et à Malines pour Y Adoration des Rois.

Le 9 octobre 1617, Rubens se rendit à Malines où il fut reçu par trois membres de la corporation, qui le conduisirent à la « Chambre » et de là à l’église Notre-Dame pour examiner l’autel. Le 5 février 1618, deux des membres se rendirent à Anvers pour commander le tableau. L'affaire fut conclue ce jour-là, et Rubens se chargea de l’ouvrage, moyennant 1600 florins. Les panneaux encore viergesde peinture furent enlevés de l’autel de la Corporation et expédiés à Anvers où ils furent portés dans l’atelier de Rubens. Le 11 août 1619, l’ouvrage était achevé et on l’expédia par bateau à Malines. Pour couvrir les frais, les poissonniers furent autorisés par le magistrat à percevoir un léger droit sur le poisson importé en ville par les marchands étrangers. Cet impôt produisit de 100 à 200 florins par an.

L’ouvrage livré par Rubens se composait d’un triptyque et de trois prédelles. Le panneau du milieu représentait la Pêche Miraculeuse, l’intérieur du volet de droite, Tobie et l'Ange, l’extérieur, Saint André ; sur la partie antérieure du volet de gauche, le Denier du Tribut, sur la partie postérieure, Saint Pierre ; sur les prédelles, on voyait Jonas jeté à la mer, le Christ marchant sur les eaux et un Christ en Croix (Œuvre. Nos 245-252).

En 1794, tous ces tableaux furent envoyés à Paris par les commissaires de la République française. Le triptyque seul revint en 1815. La Corporation des Poissonniers avait été dissoute par décret du 2 mars 1792. Après l’enlèvement des tableaux, l’autel fut également démoli en 1805. Le triptyque fut placé dans une chapelle derrière le maître-autel. Deux des prédelles furent données par l’empereur Napoléon au Musée de Nancy, qui les possède encore. Nous ne savons ce qu’est devenu le Christ en Croix.

Comme nous l’avons dit, le panneau du milieu représente la Pêche Miraculeuse. Le Christ se trouve avec quatre apôtres dans un bateau près du rivage. Il est debout à l’extrémité de la

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