SAINT DOMINIQUE ET SAINT FRANÇOIS INTERCÉDANT POUR LE MONDE
de Marie , dont nous avons déjà parlé. 11 peignit pour la même église un quatrième retable : le Retour d'Egypte de la Sainte-Famille (Œuvre. No 183), donné par Nicolas Rockox à l’autel de saint Joseph, qui se trouvait au bas de la nef latérale de droite. Il a probablement été peint après les retables du maître-autel, c’est-à-dire en 1620 ou 1621. Les armes du donateur, placées audessus de l’autel, furent recouvertes plus tard par des ornements surajoutés. Après la fermeture du couvent des jésuites, le tableau fut enlevé de l’église et vendu à un amateur. Il était déjà complètement détérioré à cette époque. En 1872, il s’en alla échouer au Musée Métropolitain de New-York. Lors de la réouverture de l’église, il fut remplacé par une copie. Il était primitivement cintré dans le haut avec des coins découpés ; plus tard on le rendit carré. Il représente l’enfant Jésus donnant la main à Marie et marchant entre elle et Joseph, qui le tient par le bras. L’enfant regarde tendrement sa mère qui de son côté jette sur lui un regard affectueux. Dans les hauteurs, Dieu le Père trône entre deux anges, qui regardent le groupe des voyageurs. Plus bas, plane le Saint-Esprit.
Parmi les tableaux peints vers la même époque que ceux destinés à l’église des Jésuites, il faut remarquer d’abord les Miracles de saint Ignace, à l’église Saint-Ambroise à Gênes (Œuvre. N° 455). Ce retable fut commandé par Nicolas Pallavicini, le banquier patricien qui était parrain du second fils de Rubens, et qui avait fondé l’autel de saint Ignace dans l’église des Jésuites de Gênes. Armand Baschet trouva dans les papiers de la famille Carrega une note qui disait: « En l’an 1620, arriva de Flandre le tableau de Saint Ignace, peint par Rubens pour être placé sur l’autel du patron, que le sieur Pallavicini avait fait ériger. » (1)
Le tableau fut donc peint immédiatement après celui de l’église des Jésuites d’Anvers, avec lequel il a beaucoup de rapports. En général, la composition est la même. Saint Ignace est en prière vers le milieu de la hauteur du tableau ; à côté de lui, se tiennent quelques pères de son ordre; plus bas, les malheureux qui implorent son secours ; au milieu, on voit une mère avec trois enfants ; à droite, deux malades, un homme et une femme, et une mère qui se penche sur son enfant moribond, qu’lgnace vient de guérir; dans le haut, un ange écarte un rideau rouge. Par une échappée, on voit une église. La composition est plus simple que celle du tableau d’Anvers, mais bien remplie, sans confusion ni surcharge; les chairs et quelques draperies claires se détachent avec vigueur et non sans quelque dureté sur un fond beaucoup plus sombre. Le tableau est placé dans un trop mauvais jour pour qu’on puisse déterminer d’une façon satisfaisante la part que Rubens y a prise; il est probable qu’ici aussi il aura peint les figures du bas et laissé le reste à ses élèves. L’œuvre se trouve encore toujours dans l’église et sur l'autel pour lequel elle fut peinte; l’autel appartient aujourd’hui à la famille Carrega.
Saint Dominique et Saint François intercédant four le monde. Deux autres retables importants appartiennent à la même période: Saint Dominique et saint François intercédant pour le monde, et le Triptyque de saint Etienne.
Le premier (Œuvre. N° 407) fut peint pour le maître autel de l’église des Dominicains, à Anvers. Les fondements du chœur, où se trouve cet autel, furent jetés en 1616 (2); il paraît cependant n’avoir été achevé qu’une dizaine d’années plus tard, la clef de voiïte portant les
(1) Armand Baschet : Rubens à Mantoue ( Gazette des Beaux-Arts. Avril 1864, page 334).
(2) 1616. Novus Chorus Prædicatorum fundatur. Papebrochius : Synopsis Annalium Antverpiensium. Page 35.