‹ RubensChapitre 38 sur 164 · SUJETS TIRÉS DE L’ANCIEN TESTAMENT · texte numérisé non relu

SUJETS TIRÉS DE L’ANCIEN TESTAMENT

Sujets tirés de e’ Ancien Testament. - A cette époque, Rubens emprunta peu de sujets à l’Ancien Testament, cinq au plus, outre les Susannes, dont nous avons parlé: le Jugement de Salomon, David et Abigaïl, la Réconciliation d'Esaii et de Jacob, Loth quittant Sodome et Adam et Eve dans te Paradis terrestre ; les quatre premiers sont de grandes toiles, destinées à des collections ou à des monuments publics; le dernier est de petite dimension et destiné à orner l’appartement d’un particulier.

Loth quittant Sodome date de 1616 ou 1617 (Œuvre. N" 102). Le patriarche, accompagné de sa femme, est conduit par un ange qui marche à côté de lui ; il est suivi de ses deux filles vers lesquelles il se retourne. L’une porte sur la tête un paquet contenant une partie des hardes de la famille; l’autre porte dans une corbeille les vases précieux et la vaisselle; un ange marche entre le père et les filles. Ce sont de grandes figures largement drapées peintes de couleurs vives et parlantes ; van Dijck a certainement collaboré à ce tableau ; le second ange a ses traits juvéniles et agréables. Il n’avait guère alors que 17 à 18 ans, car le tableau a été peint en 1616 ou 1617. C’est au dire de Rubens, le premier qui fut gravé par Vorsterman, lorsque celui-ci entra au service du peintre, ce qui eut lieu en 1617. L’ample carrure des personnages, leurs draperies larges et lourdes, la simplicité de Faction et du coloris, tout témoigne que ce tableau a été peint peu après F Incrédulité de St-Thomas. Il appartenait naguère aux ducs de Marlborough. En 1706, la ville d’Anvers en avait fait présent à leur célèbre aïeul, lord John. Il resta dans son château de Blenheim, jusqu’à ce qu’en 1886 il fût vendu avec les autres trésors d’art de la famille et adjugé à Charles Butler de Londres.

Le Jugement de Salomon (Œuvre. N° 122) est plus récent d’un an ou deux. Il est très connu par la belle gravure de Schelte a Bolswert, bien que le tableau lui-même n’ait guère été vu. Il se trouve au Musée de Copenhague. C’est une composition très animée convenant parfaitement pour la gravure. Le bourreau, entièrement nu, à l’exception d’un morceau d’étoffe qui lui entoure les épaules et les reins, levant d’un geste violent un de ses bras, tandis que de l’autre, il tient l’enfant suspendu à quelque distance, est une figure magistrale. Les deux mères si différentes d’attitude et de geste forment avec lui le groupe principal très serré et très vivant, qui contraste avec le groupe plus calme dont le roi forme le centre. Si la composition est remarquable, la peinture l’est beaucoup moins. C’est l'œuvre d’un élève, rapidement retouchée par le maître dans les figures principales et les parties éclairées. Le bourreau nu entre les deux mères, dont l’une, celle qui est agenouillée porte une robe jaune clair et l’autre qui est debout une robe d’un bleu vif avec un tablier blanc et des manches pourpres, forment dans le tableau une grande tache claire, sur laquelle tranchent le roi en robe rouge brodée d’or et les deux courtisans les plus en évidence, l’un drapé de violet, l’autre, de bleu. Mais l’ensemble est d'une tonalité pâle, sans éclat ni chaleur, très décoratif, et révèle plutôt de la facilité qu’un talent supérieur. Dans le fond, on voit la riche architecture de Y Achille parmi les filles de Lycomède. Il n’y a pas de doute que ce tableau n’appartienne à la même époque que Y Achille et Y Histoire de Décius. Nous retrouvons ici dans un des deux conseillers du premier plan, le prêtre qui se couvre la tête de son manteau, dans ce dernier ouvrage.

Le tableau porte aujourd’hui l’inscription suivante : Monsr Josias comte de Ransau Maral de France me l'a donné. Ce gentilhomme était né en Danemarck en 1609 et mourut en 1650; c’est le roi Christian IV (1577-1648) qui fit peindre cette inscription. Ainsi dès la première

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