SUJETS TIRÉS DU NOUVEAU TESTAMENT
Munich où elle se trouve à la Pinacothèque. L’esquisse existe et a figuré successivement dans plusieurs ventes. On en voit d'anciennes copies aux Musées d’Amsterdam, de Dunkerque et à la Galerie Colonna à Rome. Le Musée Plantin-Moretus possède une étude faite pour la femme agenouillée avec l’enfant, dessinée par Rubens {Œuvre. N° 1422).
L'Adam et Eve, du Musée de La Haye, diffère beaucoup de toutes ces grandes toiles, pompeuses et largement peintes [Œuvre. N° 97). Rubens exécuta en collaboration avec Jean Breughel ce petit tableau précieux, qui est signé J. Brueghel fec. et Pétri Pauli Rubens figr. Ce qui veut dire : Breughel peignit le tableau et Rubens les figures. » C’est une vue du Paradis
terrestre, un paysage édénique, où les animaux qui viennent d’être crées sont réunis autour de leurs maîtres, les deux hôtes du paradis. Eve est debout et accepte une branche chargée de deux pommes, qui vient d’être cueillie par le serpent; elle offre une pomme à Adam, qui tend la main et regarde Eve comme pour lui demander si ce qu’elle fait n’est point mal. Ce sont deux figures tout à fait charmantes ; ils sont jeunes et innocents, ils n’ont souffert ni dans leur âme, ni dans leur corps, ce sont de beaux êtres humains, sans défaut ni souillure, tels qu’ils sont sortis des mains du Créateur; ils représentent l'idéal de la perfection, selon la conception de Rubens. Breughel a peint le décor, le paysage et les animaux, avec la finesse et le brillant qui le caractérisent. Les deux artistes ont harmonisé leurs manières et donné ainsi de l’unité au tableau. Rubens a travaillé avec plus de soin et de minutie qu’à l’ordinaire ; on dirait qu’il a peint un à un les cheveux d'Adam et d’Eve; les mains et le visage sont peints à minces traits, un éclat d’émail est répandu sur les corps, qui ont un aspect nacré; les figures ont la chair plus ferme que d’habitude, les teintes sombres tirent davantage sur le brun ; tandis que chez Breughel on remarque une touche grasse qu’on ne lui voit point ailleurs. La facture est inusitée pour Rubens, qui à cette époque peignait peu de figures aussi petites et aussi achevées ; les modelés marrons des membres et la noblesse des traits font songer aux œuvres des années précédentes ; mais la peinture blonde et moelleuse, les contours sans dureté, la légère buée qui flotte sur les chairs, font conjecturer que le tableau a été peint vers 1620, bien que parmi les œuvres de cette époque et même dans tout l’œuvre du maître, il soit unique par la noblesse des formes, la finesse et la délicatesse des tons.
Sujets tirés du Nouveau Testament. -- Les Madones. En passant aux sujets du Nouveau Testament peints à cette époque par Rubens, nous rencontrons d’abord plusieurs tableaux où il peignit Notre-Dame avec l’enfant dans une guirlande de fleurs, exécutée par son ami Jean Breughel. Le plus important se trouve à la Pinacothèque de Munich {Œuvre. N° 198). Marie est assise, entourant du bras droit l’enfant Jésus, qui est debout, entièrement nu, sur son genou. De la main gauche, elle tient celle de son fils. Ce groupe est entouré d’un encadrement peint que ceint une guirlande de fleurs, et autour de celle-ci voltigent onze petits anges, six à droite et cinq à gauche. La Madone et les anges sont au nombre des plus aimables créations de Rubens ; les petits êtres célestes forment autour des fleurs un cercle de chair rosée et fraîche, plus attrayante et plus douce au regard que les fleurs mêmes, qui pourtant comptent parmi les meilleurs ouvrages de Breughel. La Madone offre beaucoup de ressemblance avec celle du Christ sur la paille et est de la même époque ou même un peu plus ancienne, de 1616 ou 1617.
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Madone dans une guirlande de fleurs
(Pinacothèque, Munich)