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TABLEAUX D’ENFANTS

au nombre de ses productions de premier ordre; il n’attachait pas à la peinture de la Vierge- Mère et de son Enfant, le même intérêt que Rafaël, André del Sarto et les anciens maîtres italiens. Ses Vierges n’ont pas la vivacité de tendresse, la virginité de formes et la pureté naïve touchante et presque enfantine, qui caractérisent les Madones de ses devanciers. Il en fit des femmes plus remarquables par la splendeur des formes que par la profondeur du sentiment. Mais l’exécution les rend attrayantes ; les chairs blanches et roses, moelleuses et imprégnées de lumière, le coloris éclatant des draperies rouges et bleues et dans certains tableaux la tendresse qu’elle montre pour son enfant en font souvent une figure des plus sympathiques.

Tableaux d’enfants. - Rubens trouve plus de plaisir à peindre l’enfant Jésus et les anges. Ces petits êtres potelés avec leur grâce naturelle, leur chair délicate, leur épiderme luisant, leurs yeux espiègles, leur joie de vivre, étaient ses favoris et il ne se lassait jamais de les peindre ; dans les tableaux de sainteté, les petits anges planent dans les airs, ils portent Marie dans son Assomption, ils folâtrent autour d’elle, et posent des couronnes sur sa tête et sur celle de son fils. Dans les Saintes Familles figurent aussi des enfants, Jésus et ses compagnons de jeux ; dans les tableaux mythologiques, par exemple dans la Cérès, on voit encore des bambins qui suspendent des guirlandes de fleurs autour de la statue de la déesse ; dans \' Enlèvement d'Orythie par Borée, des enfants jettent des boules de neiges ; auprès de Vénus, ils jouent le rôle de petits Amours ; dans Bacehus et Silène, ils se conduisent d’une façon polissonne et parfois incongrue; ils figurent enfin dans cent autres tableaux. Parfois ils deviennent les personnages principaux, comme dans le tableau qui représente l’enfant Jésus et St-Jean, jouant avec un mouton, qu’amènent deux anges. L’œuvre originale qui a malheureusement beaucoup souffert, se trouve au Musée impérial de Vienne (Œuvre. N° 186) ; on en trouve des répétitions en divers endroits, notamment au Musée de Berlin.

Au lieu de quatre enfants, on ne trouve dans un autre tableau que Jésus et St-Jean, le premier assis sur le sol, le second à cheval sur le mouton. Un des exemplaires connus de ce tableau se trouve au palais Balbi à Gênes (Œuvre. N« 185), je le pris pour l’œuvre originale la première fois que je le vis il y a beaucoup d’années déjà; on en trouve de nombreuses répétitions.

Dans un autre tableau, appartenant à la collection Steengracht van Duivenvoorde à La Haye (Œuvre. N° 184), l’enfant Jésus est représenté seul, assis sur un coussin rouge et levant la main pour bénir la terre. On cite aussi beaucoup de répétitions de cette œuvre, une notamment dans la galerie du duc de Leuchtenberg à St-Pétersbourg. On comprend que ces tableaux aient eu beaucoup de succès dans les familles catholiques; ils étaient d’un aspect agréable, de dimensions modestes, et comptaient au nombre des productions les plus aimables du pinceau de Rubens. Toutes ces œuvres appartiennent à la même époque et furent peintes vers 1620.

Deux ans auparavant, lorsque son fils aîné pouvait avoir quatre ans, Rubens peignit le plus remarquable des tableaux d’enfants qu'il ait produits: les Sept enfants portant une guirlande de fleurs, de la Pinacothèque de Munich (Œuvre. N° 865). Ce n’est pas un tableau religieux; mais pour ne pas être des anges les enfants n’en sont pas moins charmants. Ils diffèrent des esprits

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