‹ RubensChapitre 48 sur 164 · LE CHRIST CHEZ SIMON LE PHARISIEN · texte numérisé non relu

LE CHRIST CHEZ SIMON LE PHARISIEN

à la bouche; le quatrième fixe ses gros yeux irrités sur ce convive aux idées révolutionnaires; il va se lever et lui reprocher ses paroles scandaleuses. Le dernier, un vieillard chauve, reste étranger à toutes ces indignations, il a placé les lunettes sur son nez et lorgne la belle pécheresse, agenouillée les épaules et le sein à demi-nus. Et tandis que gronde cet orage, des serviteurs apportent les plats recherchés, un paon dressé, un melon juteux, des pâtisseries. C’est un drame à la Rubens, dans un cadre à la Véronèse. Les sensations les plus contrastées, les passions les plus diverses y sont exprimées avec aisance et ampleur sous les couleurs les plus riches.

Rubens a repris l'idée principale de son tableau dans une création postérieure et plus dra-

Le Christ chez Simon le Pharisien (Ermitage, Saint-Pétersbourg).

matique, le Festin d' Hérode. L’apparition de Salomé apportant la tête de saint Jean-Baptiste sur un plat, jette l’effroi parmi les convives du banquet royal. Ici comme là, on voit l’amphytrion ventru, coiffé du bonnet de velours doublé de fourrure et le nègre qui porte un plat sur ses mains levées au-dessus de la tête. La disposition générale est la même : une jeune femme au premier plan, derrière la table les convives dans des poses variées, derrière eux les serviteurs, un portique ouvert, et sur le côté, une colonne cylindrique.

Le Christ chez Simon , appartenant à l’Ermitage de St-Pétersbourg, est superbe de composition, très décoratif, mais trop douceâtre, avec peu de nerf dans les figures ; il a été peint entre 1615 et 1620 et probablement plus près de cette dernière date que de la première. Il a été exécuté par des élèves, d’après une esquisse de la main de Rubens, qui se trouve au Musée de l’Aca-

Page 1