JEAN-CHARLES DE CORDES ET JACQUELINE VAN CAESTRE
leur couvre à peine le panneau. Il porte un pourpoint noir richement brodé sur une veste ornée de broderies d’or; une double et lourde chaîne descendant des épaules forme grappe sur la poitrine. 11 porte un collet légèrement tuyauté. Il est vu à peu près de face; il a le teint clair, les cheveux châtain foncé, presque noirs, ses moustaches et sa royale sont châtain clair. La santé, la vivacité et la joie de vivre éclatent dans toute sa physionomie et surtout dans ses grands yeux bruns et bienveillants où brille une vive lumière. Un clair rayon de soleil lui tombe sur
le front, glisse entre les cheveux et répand sur tout le côté gauche du visage, une teinte chaude et veloutée avec des tons crémeux sur les parties saillantes. Le côté droit est plongé dans une ombre chaude et transparente, dont la teinte brun marron tire sur le rouge. Si l’on compare ce portrait à celui de Rockox, peint quelques années auparavant, on constate que la lumière est devenue plus intense, la facture plus moelleuse, la couleur plus grasse, plus chaude, plus éclatante.
Jacqueline van Caestre (Œuvre. N° 908) porte une robe richement brodée, des bijoux plus riches encore, des pendants d’oreille enrichis de pierreries, une épingle à tête en forme d’étoile dans la chevelure, un cordon
Jean-Charles de Cordes (Musée, Bruxelles). de perles blanches 3U COU et
une chaîne garnie de pierres
précieuses colorées qui lui descend sur la poitrine. Par les crevés de sa robe noire, on entrevoit la doublure de soie blanche brochée. Ses cheveux châtain clair frisés sont relevés en arrière et bouclent sur le front. Elle a le teint pâle, une rougeur légère aux joues, des touches lumineuses sur le front, des ombres bleu-clair et grises à droite, de grands yeux rêveurs dans un visage maladif.
Les deux portraits sont d’une exécution extrêmement soignée, ce sont évidemment des pièces d’apparat destinés à orner la salle d’honneur de la maison conjugale, et cependant il y a entre eux une différence considérable. Lui est d’un âge plus mûr et frise la quarantaine; il a