JACQUES DE BIE
et probablement aussi le frontispice de la Generale Legende der Heylighen par Ribadineira et Rosweydus de 1619 {Œuvre. N° 1293).
Le contingent de Corneille Galle le Vieux, frère de Théodore, fut bien plus considérable. Il eut l’honneur de tailler les premières planches d’après les dessins de Rubens. C’est de lui que sont les gravures qui illustrent les Electorum libri II {Œuvre. Nos 1297-1301) de Philippe Rubens, publiés en 1608; c’est de lui aussi qu’est la Grande Judith {Œuvre. N° 125) dédiée par Rubens à Jean Woverius, et qui d’après le propre témoignage du maître est la première planche burinée d’après un de ses tableaux. Dans les gravures des Electa c’est encore le travail machinal qui domine, bien qu’il nous semble qu’en reproduisant les statues de Minerve et de Flore, le graveur ait donné quelque idée du moelleux et de la couleur du dessin de Rubens. La Judith a été gravée sous la direction de Rubens, l’opposition de la lumière et de l’ombre est très forte, les tons épais et sombres dominent, mais les œuvres du maître à cette époque présentent la même particularité. D’innombrables planches gravées d’après des tableaux de Rubens sont attribuées à l’un ou à l’autre des Corneille Galle, mais la plupart le sont à tort, ou ont simplement été publiées par eux, et parmi celles qui leur reviennent avec plus ou moins de droit, on ne trouve guère que d’insignifiantes copies de planches ou de parties de planches gravées par d’autres : tout ce qui porte le nom de Galle, a donc une certaine odeur de boutique et ressort moins de l’art que du métier. Outre la Judith de Corneille Galle père, nous ne pouvons signaler comme œuvre d’une certaine importance, que YEcce Homo d’après l’un des plus anciens tableaux de Rubens {Œuvre. N° 272), le Christ mort sur les genoux de sa mère {Œuvre. N° 320), les Quatre pères de l'Eglise {Œuvre. N° 368), la N. D. dans une niche tapissée de fleurs, {Œuvre. N° 201) et Venus allaitant les petits Amours {Œuvre. N° 701). Parmi ces œuvres, il n’y en a aucune qui ait vraiment une haute valeur artistique.
Le premier graveur, sur lequel Rubens mit la main, ne fut donc pas précisément une trouvaille ; aussi, après un ou deux essais médiocrement heureux, ne l’employa-t-il plus à des travaux de grande importance; il le garda cependant jusqu’à la fin de sa vie pour graver des estampes destinées à illustrer des livres et, dans ce genre, Corneille Galle le Vieux exécuta des travaux excellents, les meilleurs qu’on ait faits d’après les dessins de Rubens. Le maître avait l’habitude de jeter ses dessins sur le papier d’une manière large et libre, parfois aussi il les exécutait en grisaille; dans sa maturité surtout, ses dessins aux lignes superbes et puissantes exigeaient une adaptation pour pouvoir figurer dans un livre imprimé. Corneille Galle s’entendait admirablement à traduire les intentions de Rubens. Peu à peu, sa manière devint plus colorée, plus moelleuse, plus rubénienne, sans que cependant il atteignît jamais à la puissance et à la largeur des grands graveurs de l’école de Rubens. C’est lui qui burina la majeure partie des illustrations de livres faites d’après des dessins de Rubens. Il serait trop long de les énumérer.
Durant les dernières années de Rubens et après sa mort, Corneille Galle fils grava également quelques frontispices.
Jacques De Bie. C’est par hasard qu’un autre graveur anversois burina un des premiers frontispices dessinés par Rubens. C’était Jacques De Bie, imprimeur et éditeur de gravures, qui publia toute une série d’ouvrages sur la Numismatique. Ce fut à la sollicitation de son ami