LES GRAVEURS HOLLANDAIS
Nicolas Rockox que Rubens dessina le frontispice d’un de ces livres intitulé Imperatorum Romanorum Numismata Aurea ( Œuvre . N° 1243) imprimé en 1615 par Gérard van Wolschaten et Henri Aertssens ; Jacques De Bie grava le dessin et produisit un des plus beaux frontispices faits d’après Rubens.
Les graveurs Hollandais. Au cours des huit ou neuf premières années qui suivirent son retour d’Italie, on reproduisit peu de tableaux de Rubens. Les premiers qui gravèrent d’après lui furent des Hollandais, des compatriotes de Goltzius ou des artistes appartenant à son école. C’est ainsi que, dans ces premières années, nous rencontrons Guillaume Swanenburg qui grava en 161 1 le Christ à table avec les pèlerins d'Emmaiis {Œuvre. N° 342) et en 1612, Loth enivré par ses filles {Œuvre. N° 104). Swanenburg était né à Leyde. Il n’alla jamais à Anvers, et mourut en 1612; les deux tableaux qu’il reproduisit se trouvaient probablement en Hollande; nous en avons la certitude pour le premier, et pour l’autre nous sommes fondé à le supposer.
Un deuxième graveur hollandais, Egbert van Panderen, grava Y Intercession de la Vierge auprès da Christ en faveur du genre humain {Œuvre. N° 383). Ce tableau avait été peint vers 1612 ; il fut gravé peu après. Van Panderen était né à Haarlem, mais dès 1606, il fut admis à Anvers dans la Confrérie de Saint-Luc et, comme Swanenburg, il travailla pour Otto Vænius.
Un troisième, André Stock, grava Abraham sacrifiant Isaac {Œuvre. N° 107). Le tableau date des premiers temps de Rubens, car dès 1614 un certain Plessiers demanda l’autorisation de le graver.
Un quatrième graveur hollandais, qui burina une planche d’après un tableau de Rubens, fut Jacques Matham, gendre et élève de Henri Goltzius. Il grava Samson et Dalila, d’après le tableau appartenant à Nicolas Rockox {Œuvre. N° 115) et datant des premières années qui suivirent le retour de Rubens. La gravure de Matham doit avoir été exécutée entre 1611 et 1615.
Le cinquième artiste des Pays-Bas septentrionaux qui grava d’après Rubens fut Jean Muller, qui burina en 1615 les portraits d’Albert et d’Isabelle {Œuvre. N°s 875, 967).
Il est singulier que tous ces artistes aient vécu et travaillé hors des Pays-Bas espagnols ; le hasard y est sans doute pour quelque chose et la seule explication du fait, c’est que les compatriotes et les disciples de Henri Goltzius étaient plus disposés et plus aptes à exécuter de grandes planches d’après des tableaux. Il est certain qu’ils n’ont pas été choisis par Rubens, et plus certain encore qu’ils n’ont pas travaillé sous sa direction ; leur style n’est pas le sien, leur œuvre n’est pas le reflet de la sienne. La seule chose qui étonne, c’est qu’un étranger ait été appelé à graver des œuvres comme les portraits des archiducs Albert et Isabelle, qui furent pendant des années, pour ainsi dire, les images officielles des souverains du pays. Il faut que dans ce cas du moins le graveur, chargé de ce travail important, ait été désigné directement ou indirectement par Rubens, ce qui prouve qu’à cette époque on jugeait que personne à Anvers n’était capable de s’en acquitter d’àine façon satisfaisante. Les planches des trois premiers graveurs hollandais n’ont pas grande valeur artistique et elles se font remarquer par un style raide et sec, aussi peu rubénien que possible ; le Samsou et Dalila de Matham a plus de couleur, tout en s’écartant beaucoup de la manière du maître. Les portraits gravés par Muller sont des chefs-d’œuvre dans leur genre. On y admire le travail brillant et soigné d’un excellent élève de Goltzius, mais ils n’ont ni le moelleux ni la couleur qui distinguent la peinture de Rubens et