‹ RubensChapitre 64 sur 164 · PAUL PONTIUS · texte numérisé non relu

PAUL PONTIUS

Rubens paraît avoir fait travailler très rarement les deux Bolswert, surtout le cadet, pour son compte. Les planches de Boëtius mentionnent le privilège de Rubens ; parmi les nombreuses planches de Schelte, quatre seulement en sont pourvues. L’une de celles-ci, la Pêche Miraculeuse, (Œuvre. N° 245) était, croyons-nous, une des deux gravures mentionnées par Rubens dans sa lettre du 28 mai 1619 à Dudley Carleton, comme ayant été données par lui en présent aux membres des États-Généraux, afin de les rendre favorables à l’octroi du privilège. Dès cette époque, Schelte a Bolswert aurait donc exécuté à Anvers un grand travail. Il grava d’après

Rubens jusqu’à la mort de celui-ci et un nombre considérable de ses planches parurent après le décès du maître.

Paul Pontius. - Le troisième graveur de grand renom qui travailla au service de Rubens, fut Paul Pontius ou Dupont. Il était né le 31 mars 1603, entra le 3 décembre 1616 en apprentissage chez Osias Beet, peintre peu connu, et travailla ensuite sous la direction de Luc Vorsterman ; en 1626-1627, il fut reçu maître dans la Confrérie de Saint-Luc. Il continua à travailler à Anvers jusqu’à sa mort, survenue le 16 janvier 1658. 11 fut après les Galle le premier en date des graveurs anversois de Rubens, et resta le plus distingué d’entre eux. La plus ancienne de ses gravures que l’on connaisse est une Su sa une avec les vieillards (Œuvre. N" 133) datée de 1624; cette même année, il grava

Schelte a Bolswert encore un portrait de Wladislas Sigismond

Grave par Adr. Lon.melin d’après Ant. van Dijck. ^ dg p0[0gne (Œuvre. N« 1078) et VAs-

somption de N. D., peinte par Rubens pour l’Église de la Chapelle à Bruxelles, et qui se trouve aujourd’hui au Musée de Dusseldorf (Œuvre. N° 358). Pontius fit de rapides progrès, car ce dernier ouvrage est déjà un de ses meilleurs. Deux ans après, il acheva son Saint Roch d’après le tableau de la Cathédrale d’Alost, (Œuvre. No 488) que l’on regarde comme son chef-d’œuvre. Il n’avait alors que 23 ans. Il travailla pour Rubens jusqu’à la mort de celui-ci ; et même après, il grava encore plusieurs planches d’après les tableaux du maître, comme celui de la chapelle funéraire de Rubens et le Massacre des Innocents (Œuvre. N° 181), qui parut en 1643. C était en quelque sorte le graveur officiel de Rubens et de l'État. C'est lui qui burina le célèbre portrait du maître coiffé du feutre, celui de Philippe IV et d’Elisabeth de Bourbon, roi et reine d’Espagne, de l’archiduchesse Isabelle et de son successeur le cardinal infant Ferdinand, du ministre comte-duc d’OIivarez. Il produisit en tout 42 planches d’après Rubens. Comme les autres graveurs du maître, il choisit souvent pour modèle les œuvres des élèves ou des imitateurs ; c’est ainsi qu’il fut le principal des graveurs de van Dijck.

HANS WITDOECK

Il forme avec Vorsterman et les deux Bolswert, l’illustre quatuor, qui a rendu célèbre dans tous les siècles, le renom de l’école de gravure de Rubens. Il n’a pas le brillant du premier de ces artistes ni la vigueur de Sehelte a Bolswert ; dans tous ses ouvrages il se montre l’interprète fidèle, soigneux et plein de goût du maître ; dans ses meilleures gravures, il a une grâce robuste, une richesse et une harmonie de teintes, qui font ressortir admirablement la magnificence de la peinture de Rubens ; ses portraits sont pleins de fraîcheur et de vie ; ils expriment d’une manière frappante le caractère du modèle.

Hans Witdoeck. Durant les dernières années de sa vie, Rubens prit un graveur à son service comme il l’avait fait vers 1620 pour Luc Vorsterman. Ce fut Hans Witdoeck, né le 8 décembre 1615, inscrit en 1630-1631 dans les registres de la Confrérie de Saint-Luc, comme élève de Luc Vorsterman, et reçu maître en 1632-1633. Il ne travailla qu’un an et demi chez son maître et fut ensuite placé par son père dans l’atelier de Corneille Schut, pour qui il grava en 1633. Du service de ce peintre, il passa à celui de Rubens, pour qui il travailla en 1635. Deux ans plus tard, le 8 avril 1637, à ce que nous apprend une lettre de Balthasar Moretus à François de Raphelingien,

Rubens n’avait plus qu’un graveur, qu’il n’occupait même pas constamment ; c’était sans doute notre Hans Witdoeck.

Rubens lui confia nombre de travaux importants, comme Y Erection de la Croix , un de ses premiers tableaux, qui avait attendu 25 ans le graveur et son Saint lldefonse, un de ses chefs-d’œuvres. En 1638, parurent 7 gravures de Witdoeck et deux autres en 1639. Il en fit en tout 15 d’après Rubens; quelques-unes de celles qui parurent sans date, auront sans doute été faites après la mort du peintre. C’est le cas par exemple pour la Mise du Christ ail tombeau {Œuvre. N° 322), tableau que Rubens laissa inachevé, et que Witdoeck reproduisit fidèlement dans son état imparfait.

Les tableaux reproduits par lui appartiennent pour la plupart à la dernière époque du maître et il est caractéristique pour le style de Witdoeck qu'il ait cherché à le conformer à la manière profondément modifiée adoptée alors par Rubens: il a sacrifié lui aussi le dessin aux effets d'ombre et de lumière qu’il s’est efforcé de rendre sans toujours y réussir. Il est regrettable que Rubens ait attendu pour faire graver son chef-d’œuvre de Y Érection de la Croix, le moment où, ayant changé lui-même complètement de manière, il eut habitué son graveur à ses nouveaux procédés.

Paul Pontius

Gravé par Paul Pontius d’après Ant. van Dijck.

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