SAINT ROCH
donna la victoire aux soldats de Constantin conduits par le Seigneur ; détails dont aucun ne figure dans l’esquisse.
Les deux grandes séries de peintures historiques, exécutées par Rubens en 1622-1625, les trois voyages qu’il fut obligé de faire à Paris et le rôle qu’il commença dès lors à jouer dans les affaires publiques, absorbèrent une grande partie de son temps. 11 n’est donc pas étonnant qu’il ait produit en ces années moins d’ouvrages d’un autre genre que dans les périodes précédentes.
RETABLES
Le Martyre de sainte Catherine. Cependant les commandes de retables ne lui manquèrent pas et quelques-uns des plus importants datent de cette époque. Un des premiers dans l’ordre chronologique est probablement le Martyre de sainte Catherine, qui se trouve dans l’église de ce nom à Lille (Œuvre. N° 399). 11 fut donné par M. Jean de Seur, conseiller des Archiducs et clerc ordinaire de leurs finances, et par sa femme, Marie de Patyn. Jean de Seur mourut le 2 juin 1621 et Marie de Patyn le 25 janvier 1668. Leur épitaphe mentionne qu’ils firent don au chœur de l’église du retable de sainte Catherine. Nous croyons pouvoir admettre que la commande fut faite vers la fin de la vie de Jean de Seur et qu’elle fut exécutée peu après sa mort en 1622.
Malheureusement, le tableau est si mal placé qu’il n’est pas possible de se faire une idée de sa valeur artistique ni du caractère de l’exécution. On n’en distingue que la composition. La martyre est agenouillée au milieu du tableau sur une estrade de trois marches ; elle a les mains liées ; à droite, le bourreau, l’épée à la main, s’apprête à lui trancher la tête ; à gauche, un prêtre païen montre la statue d’Apollon, qui s’élève à côté d’un temple en forme de dôme, et ste-Cather.ne - Dessin (Aibertine, vienne) exhorte la chrétienne à adorer l’idole. Autour d’elle sont
rangées quatre femmes, dont l’une écarte du cou la chevelure de la martyre, une autre la robe, une troisième se dispose à lui bander les yeux. Du haut des deux, des anges lui apportent une couronne et une palme. A droite et à gauche se tiennent des soldats et des spectateurs. C’est une représentation très belle, mais très matérielle, du drame sanglant qui va s'accomplir ; elle donne une idée claire de l’évènement, sans traduire aucune émotion. Que les temps sont changés ! L’Apollon dont la sainte détourne les yeux avec horreur, est devenu pour Rubens le dieu de son art; l’idole que l’on se figurait au temps des persécutions comme un démon aux formes monstrueuses est regardée maintenant comme la personnification de la beauté la plus haute, et dans le Vatican même, on avait pour sa statue une admiration respectueuse, en attendant que dans la Corte di Belvedere on la vénérât comme dans un temple !
Saint Roch. Les tableaux que Rubens exécuta pour la cathédrale d’Alost, sont bien plus importants. La tradition veut qu’ils aient été commandés à Rubens par la confrérie de