SAINT FRANÇOIS DE PAULE - SAINT BENOÎT
l’église pour le tableau, à coup sûr très remarquable, de Rubens, il nous semble qu’on peut la trouver dans la beauté opulente des nobles dames et dans les nudités, nous ne dirons pas choquantes, mais certes peu voilées qu’étale le groupe des pauvres gens.
Saint François de Paule. - Deux autres tableaux du même temps nous offrent une conception analogue à celle des saints miraculeux. C’est d’abord celui de Saint François de Paule que nous ne connaissons que par trois esquisses différentes (Œuvre. Nos 431, 43 1 bis, 431ter). Une d’elles se trouve au Musée de Dresde. Le saint religieux plane dans le haut de la toile ; à gauche, on voit un édifice où conduit un escalier ; devant la porte se tiennent un roi et une reine de France ; sur l’escalier, une multitude de gens de leur suite qui invoquent le saint ; au bas, à côté de l’escalier, des malades et des possédés, qui attendent de lui leur guérison. Nous connaissons une deuxième esquisse du même sujet par une copie qui se trouve au Musée de l’Académie de Beaux-Arts de Vienne (n° 776) et dont Waagen a vu l’original dans la collection de M. Morrison, à Londres. Elle diffère sur plusieurs points de la première ; il est visible que l’escalier ne monte pas jusqu’à l’édifice, mais conduit à une voûte, qui s’étend devant le cloître. Une troisième esquisse qui s’écarte des deux premières, se voit à la Pinacothèque de Munich ; le Musée de l’Académie de Vienne en possède une copie (n° 647). Il est difficile de préciser l’époque où fut exécuté le tableau. La composition du Musée de Dresde est celle qui se rapproche le plus des Miracles de saint Benoît dont nous allons parler; celle de la Pinacothèque a quelques points de ressemblance avec la Conversion de saint Bavon.
Saint Benoît. - Un autre tableau appartenant à la série des auteurs de miracles, est celui de Saint Benoît (Œuvre. N° 397). 11 se trouvait inachevé dans la succession de Rubens, et fut donné par les héritiers à Gaspard De Craeyer, le peintre bien connu, qui était intervenu dans la vente au roi d’Espagne de quelques tableaux provenant de la mortuaire. De Craeyer le vendit probablement à l’abbaye d’Afflighem. Lorsque l’empereur Joseph 11 ferma ce couvent, il devint la propriété de M. Schamp van Aveschoot, le collectionneur gantois ; après la mort de celui-ci, il fut acquis par M. Tencé de Lille ; lors de la vente de la collection de celui-ci, il fut acheté pour compte du roi Léopold II. Voici le sujet traité: Totila, roi des Goths, ayant entendu dire des choses prodigieuses de saint Benoît, veut l’éprouver et lui envoie un de ses serviteurs couvert d’habits royaux et accompagné d'une suite nombreuse. Vers la moitié de la hauteur du tableau, on voit l’abbaye de Mont-Cassin, où conduisent deux escaliers. Sur celui de droite, se tient le prétendu Totila avec un brillant cortège de courtisans; il est renvoyé par saint Benoît, qui se tient avec deux moines de son ordre sur le palier supérieur. Sur l’autre escalier, des visiteurs sont reçus par cinq religieux. Au bas, se presse une grande multitude où l’on remarque un groupe de malades et un possédé tenu par deux hommes. Dans le ciel, on voit le Christ, qu’entourent la Vierge, saint Pierre, saint Paul et plusieurs anges. Ce qui frappe surtout, c’est la pompe déployée ; le roi et sa suite avec leurs draperies éclatantes, le ciel et ses gloires, l’agitation de la foule bariolée donnent à la composition un aspect des plus décoratifs, qui écrase le groupe des nécessiteux. La ressemblance de ce tableau avec les Miracles de saint Ignace et de saint François-Xavier avec le Saint Roch et le Saint François de Paille saute aux yeux. Il est bien possible que le Saint Benoit soit postérieur eu date à toutes ces œuvres ; mais on ne peut l’éta-