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LA RÉSURRECTION DE LAZARE

blir d’une façon positive, et en tous cas, il est certain que par son caractère général, il appartient à la même série. Il est resté inachevé. Ce n’était pas un retable comme les autres toiles du même genre : il avait lm57 de haut sur 2m38 de large. On a dit qu’il avait été commandé par l’abbaye d’Afflighem ; mais cette tradition vient sans doute de ce qu’il se trouvait dans ce couvent.

La Résurrection de lazare. - Il est probable que la Résurrection de Lazare, qui se trouve au Musée de Berlin, devait servir de retable {Œuvre. N° 263). Mariette l'a vue en 1747 à Paris, chez un marchand de tableaux, qui l’avait découverte en France dans la chapelle d’un château qu’il ne nomme pas. De Paris, ce tableau passa dans la collection du roi de Prusse : c’est tout ce que nous savons de cet ouvrage remarquable. Rubens l’aurait-il peint pour un des gentilshommes dont il avait fait la connaissance à la cour de Marie de Médicis ? Est-ce peut-être le présent qu’il offrit à Mr d’Argouges (1) et dont celui-ci fut très satisfait? Nous posons la question, qui nous paraît très naturelle, mais que nous ne pouvons résoudre.

La composition est des plus simples.

Lazare vient de se réveiller du sommeil de la mort et de sortir de son tombeau, qui est creusé dans un rocher. Ses deux sœurs se tiennent accroupies devant lui ; l’une dénoue les bandelettes qui lui entourent les mains et les bras ; l’autre contemple avec une surprise joyeuse le Christ debout derrière elle, une main levée à la hauteur de la tête, l’autre à la hauteur de la poitrine. Son attitude révèle le puissant thaumaturge qui commande à la vie et à la mort et le bienfaiteur qui exhorte Lazare, encore hésitant à se lever. L’expression du ressuscité est touchante, il est attiré par le regard puissant de son Sauveur tandis que tout son corps trahit la raideur et l’impuissance. Deux apôtres, dont l’un soulève le suaire sont présents à cette scène. La couleur est puissante : le manteau rouge du Christ et sa robe blanche, le linceul blanc de Lazare, les chairs lumineuses des femmes s’enlèvent vigoureusement sur les ombres obscures. La facture est large et puissante. Le tableau est certainement postérieur à 1618-1620, date que lui assigne le catalogue de Berlin. On y trouve plus de variété, de moelleux, de lumière et de couleur que Rubens

(1) Io feci al sigr d’Argouse un bel présente di un cuadro grande de mia mano propria, il quale mostro d’agradir molto. (Rubens à Valavez, 3 Juillet 1625).

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