‹ RubensChapitre 76 sur 164 · L’ASSOMPTION DE N.-D. A LA CATHÉDRALE D’ANVERS · texte numérisé non relu

L’ASSOMPTION DE N.-D. A LA CATHÉDRALE D’ANVERS

l’exécution est complètement différente. Chez Rubens tout est vie, mouvement, force, entrain ; chez Otto Venius, tout est élégance compassée, froideur, impersonnalité ; le premier nous montre des hommes réels, l’autre, des allégories sous formes humaines.

L’Assomption de N.-D. a la cathédrale d’Anvers. Un an avant l’achèvement des Triomphes, Rubens peignit le plus important de ses retables de cette époque, le tableau qui décore encore aujourd’hui le maître-autel de l’église N.-D. à Anvers. (Œuvre. N» 359). Cet autel avait été saccagé, comme les autres par les iconoclastes lors des troubles de 1566. Après 1585, on avait élevé un autel provisoire sur lequel on avait placé un tableau de Frans Floris, la Naissance du Christ, qui appartenait à l’autel des Jardiniers. Vers 1618, on songea à construire un nouvel autel, pour lequel les marguilliers demandèrent un projet à Rubens. Il leur en présenta deux différents le 16 février 1618. Il savait dès lors qu’il aurait à peindre le retable de cet autel. Le doyen de la cathédrale, Jean del Rio, lui en avait parlé et il avait accepté de le faire. Mais ce ne fut que le 17 octobre 1619, que le trésorier de l’église se présenta au nom du doyen devant les chanoines assemblés et les informa que Del Rio désirait être enterré dans le chœur près de l'entrée septentrionale en face de la sacristie; il se proposait de s’y faire construire un caveau, et de faire don à l’église du retable de Rubens, ce qui devait être mentionné dans son épitaphe. Les chanoines acceptèrent la proposition et tout fut fait comme il était dit. Le 12 novembre 1619, Rubens conclut avec Del Rio une convention, qui fut rédigée par écrit et qui appartient aujourd’hui à M. le baron de Saint-Génois à Gand. Il s’y engage à peindre de son mieux pour le maître-autel un panneau représentant l’Assomption ou le Couronnement de la Vierge, et qui serait haut de seize pieds et large en proportion ; Del Rio aurait à lui payer de ce chef 1500 florins. Rubens attendit pour se mettre à l’œuvre que l’autel fût construit. Les sculpteurs Robert et Jean De Noie entreprirent ce travail moyennant 16.500 florins, mais en réalité on leur paya 19.900 ou 20.000 florins. La première pierre fut posée le 2 mai 1624. Pendant ce temps, Rubens avait fait faire son panneau ; mais lorsque les plans de l’autel eurent été dessinés, on constata que l’espace que le tableau devait remplir était plus grand que le panneau. On décida alors d’ajouter à celui-ci une largeur de huit centimètres du côté gauche. La construction de l’autel prit une année encore. Enfin, après le retour de Rubens de Paris, dans la seconde moitié de 1625, il songea sérieusement à se mettre à l’ouvrage. Le tableau de Frans Floris fut replacé sur l'autel des Jardiniers, le chœur fut clôturé pour permettre à Rubens de travailler sans être dérangé et à partir du 27 février 1626 les services religieux furent célébrés dans le chœur latéral, dit de la Circoncision. Le 1 1 mai, le panneau fut transporté de la maison de Rubens à l’église. Il avait dès lors fait une esquisse qui n’est pas parvenue jusqu’à nous ; il peignit le retable sur l’autel même. Le 30 septembre 1626, le tableau fut agréé par les chanoines.

Le doyen Del Rio était mort le 6 janvier 1624, avant que Rubens eût mis la main à l’ouvrage et ce fut son héritier, un certain Guillaume Carn, qui versa le 30 septembre 1626 entre les mains du peintre, les deux premiers tiers du prix convenu, et le 10 mars 1627, le dernier tiers. On lui paya en outre 45 florins, pour une once d’outremer, qu’il avait employée.

Nous connaissons par une gravure l’autel élevé par les frères De Noie d’après les dessins de Rubens. Six colonnes corinthiennes de marbre blanc portaient une corniche de marbre

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