L’ASSOMPTION DE N.-D. A LA CATHÉDRALE D’ANVERS
polychrome ; au-dessus, dans une niche, était placé un Christ, tenant dans la main une couronne, destinée à la Vierge, qui montait au ciel. La niche était surmontée d’un fronton triangulaire, où trônait Dieu le Père ; entre ces deux personnes de la Sainte Trinité, planait le Saint-Esprit. Deux anges portant une palme et une couronne étaient assis sur la corniche dont les extrémités portaient deux candélabres. Cet autel fut vendu le 8 novembre 1798 par les agents de la Convention Nationale pour 250 francs, payables en assignats. Il fut démoli, et
en 1824 on en construisit un nouveau sur les dessins de l’architecte Jean Blom. Le tableau de l’Assomption de N.-D. fut transporté à Paris en 1794, et reprit sa place primitive en décembre 1815. Il fut alors nettoyé par van Regemorter et en 1877, restauré de nouveau par MM. Sacré et van den Heuvel.
Dans ses grandes lignes, la composition est la même que celle des Assomptions de N.-D., dont nous avons déjà parlé. La peinture est tout entière de la main de Rubens. La Vierge plane dans les nues, portée par de petits anges et soutenue par des anges plus grands. Marie pose la main gauche sur sa poitrine, et tient la droite étendue et légèrement élevée. Elle a les yeux fixés avec une expression de désir intense, sur le Christ qui l’attend dans le ciel, d’où une gloire rayonne sur elle ; le geste de ses mains révèle également l’attente d’une céleste béatitude. Les petits anges qui la portent ou qui tiennent sa draperie sont nus ; les quatre grands L’Assomption de la Vierge (Cathédrale, Anvers). anges qui l’entourent ont les reins enve-
loppés de draperies flottantes. Au bas, les douze apôtres entourent le tombeau que Marie vient de quitter ; les uns suivent des yeux l’ascension miraculeuse, les autres regardent la tombe vide; à gauche, saint Jean lève les yeux et les mains vers Marie. Sur les deux marches du tombeau sont agenouillées deux femmes qui tiennent le suaire blanc ; derrière le tombeau se tient une autre femme qui montre de la main la cavité béante. A droite, à mi-hauteur, on distingue dans l’ombre la paroi d’une grotte d’où retombe un peu de verdure. A gauche, la scène est baignée d’une lumière douce; à droite, un épais nuage jette une ombre transparente.
Tel est le tableau : il n’y a rien d’extraordinaire dans la composition, dans l’expression, ni dans l’action. Mais il y a plus de mouvement que dans les interprétations antérieures. Le mérite caractéristique du tableau, c’est le coloris. La Vierge avec ses habits aux couleurs riches et