LE RETABLE DU MAÎTRE-AUTEL DE L’ÉGLISE DES AUGUSTINS
piédestal demi-circulaire, tenant, debout sur ses genoux, l’enfant Jésus qui se penche pour passer l’anneau au doigt de sainte Catherine, agenouillée devant lui. A gauche, on voit saint Pierre et saint Paul; à droite, à côté de Marie, deux petits anges reçoivent un agneau, et Jean Baptiste montre le ciel, d’où descend un ange, qui tient une couronne de roses au-dessus de la tête de Marie. Plus bas, sur les marches qui conduisent au piédestal où se passe l’action, on voit à droite saint Augustin, saint Laurent et saint Nicolas de Tolentine; à gauche, au premier
plan, saint Guillaume d’Aquitaine, saint Sébastien et saint Georges ; sur le côté, les saintes femmes, Madeleine, Claire de Montefalco, Apolline et Agnès, en un mot, les patrons et patronnes de l’église et des confréries qui y étaient établies. Chacun d'eux est reconnaissable à ses attributs. Saint Georges, qui a les traits de Rubens, pose le pied sur le dragon blessé, qui gît sur le devant du tableau et tourne vers son vainqueur sa gueule ouverte et menaçante.
Le groupement est superbe. Les figures des saints placés dans la moitié inférieure, depuis saint Laurent jusqu’à sainte Madeleine, s’élèvent à droite suivant une ligne ondulée, vers le trône de Marie, et se raccordent à gauche, à la partie supérieure par Nicolas de Tolentine et St-Jean Baptiste. Rubens s’est souvenu des Conversazioni italiennes lorsqu’il fit ce tableau, mais il a traité le sujet d’une manière originale. Il lui a donné la vie et le mouvement qui distinguent à un si haut degré ses compositions de cette époque. L’enfant debout sur les genoux de sa mère et se penchant en avant, sainte Catherine qui tend vers lui le visage et les mains, les petits anges si aimables et si occupés, saint Jean Baptiste montrant le ciel d’un geste hardi, les autres saints penchés en avant ou en arrière, attirés par le spectacle miraculeux qui se passe là-haut ou engagés dans des entretiens, tous vivent et agissent. Les figures superbes ne manquent pas ; saint Augustin, saint Laurent, en riches habits sareerdotaux, saint Sébastien étalant son jeune corps dans toute sa nudité, et rappelant le même saint dans Saint Dominique et saint François protégeant le monde , du Musée de Lyon, de même que le saint Georges avec son armure étincelante, apportent les tons vigoureux, tandis que les saintes femmes et les enfants de la partie supérieure, la Vierge dans sa robe rouge et bleue, fraîche comme une fleur qui vient d’éclore, sainte Catherine dans son vêtement couleur bronze, aux reflets jaune clair, sainte
Le Christ en croix entre les deux larrons (Musée, Toulouse).