‹ RubensChapitre 84 sur 164 · TABLEAUX EMPORTÉS POUR MADRID · texte numérisé non relu

TABLEAUX EMPORTÉS POUR MADRID

charger Rubens de peindre pour lui ces ouvrages. Le 22 décembre 1630, i! écrivait à sa tante: « Rubens a apporté quelques tableaux à mon intention. Le prix lui en est dû. Le 22 décembre 1629, on soumit à l’approbation de l’infante une pièce portant que Jean Montfort, fourriermajor de la maison et de la cour de S. A. avait soumis à 1'mfante, au nom du comte de Couppigny, le compte annexé, ainsi que la liste des tableaux peints par Rubens sur l’ordre de S. A. pour le service du roi et expédiés en Espagne l’année précédente, avec prière d’approuver le compte, qui s’élévait à la somme de 7500 florins. L’infante répondit que le prix était convenu avec Rubens avant qu’il fît les tableaux, qu'ils se trouvaient déjà en Espagne et qu’ils avaient beaucoup plu au roi, lequel avait donné ordre de les payer sans retard. Il paraît donc que Rubens avait fait ces tableaux immédiatement avant son départ, et comme il ne s’écoula qu’un mois entre le moment où fut conçu le plan de ce voyage et celui où il fut exécuté, on peut admettre que le roi, avait exprimé le désir d’avoir des tableaux du maître avant de l’inviter à se rendre en Espagne. Nous verrons bientôt que Rubens en emporta un ou deux qu’il avait peints des années auparavant.

Quelles sont donc les toiles emportées par Rubens, ou qui lui furent expédiées en 1628 ? Malheureusement, on n’a pas conservé la liste remise à l’infante. Nous ne la connaissons que par une mention de Pachéeo, l'historien de l’art espagnol. D'après lui, Rubens apporta en Espagne huit tableaux : Jacob et Esaii, Mutins Scevola, Ulysse et Achille, Samson ouvrant la gueule cl u lion, David luttant contre un ours, Satyre avec un tigre, Ce'rès, Samson et les Philistins.

Un de ces tableaux a déjà été mentionné par nous, c’est Ulysse et Achille, ou Achille reconnu par Ulysse parmi les filles de Lycomède (Œuvre. N° 567) que Rubens avait offert en vente à sir Dudley Carleton en 1618 et qui se trouve encore au Musée de Madrid.

Jacob et Esaii représente la réconciliation des deux fils d’Isaac. Comme les sept autres tableaux, celui-ci fut placé dans la nouvelle salle du Palais de Madrid, avec plusieurs ouvrages d’autres maîtres. Dans l’inventaire de 1636, il est décrit comme suit : Une toile un peu

plus petite (que Y Histoire de Scipion, par Vicente Carducho) de la main de Rubens, le peintre flamand, ayant pour sujet la Réconciliation de Jacob et d' Esaii et où l’on voit trois chameaux, un cheval, un agneau et d’autres animaux avec plusieurs figures d’hommes. Dans l’inventaire de 1686, le même tableau est mentionné à la même place. Il ne figure plus dans les inventaires postérieurs ; il fut probablement détruit dans l’incendie du palais en 1734.

La brève description que nous avons citée plus haut, montre que la composition était la même que celle du tableau de la Pinacothèque de Munich, où Rubens a traité le même sujet (Œuvre. No 109). Il se pourrait bien que la toile eût pris, on ne sait comment, le chemin de Allemagne.

La Cérès mentionnée par Pachéco n’est autre que la Cérès et Pan (Œuvre. N° 584) du Musée de Madrid (N° 1593). La déesse est assise dans un paysage boisé, une corne d’Abondance sur les genoux, une couronne d’épis sur la tête. A côté de la déesse et se penchant vers elle, Pan est assis et tient une corbeille de fruits. A droite, on voit un monceau de fruits. La figure de Cérès, un peu timide d’attitude est d’un coloris chaud ; Pan est en grande partie enveloppé d’une ombre chaude et brune. Les figures sont de Rubens, le paysage et les fruits, d un collabo-

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