DÉPART POUR MADRID
rateur, probablement de Jean Wildens, mais non de Snijders, comme l’affirment les inventaires des collections royales dressés en 1686 et postérieurement. Le tableau est agréable, et non sans mérite ; on l’a souvent copié.
Le Mutins Scevola figure dans l’inventaire des tableaux appartenant au roi d’Espagne, dressé en 1636. « Un tableau de la main de Rubens, représentant Mutins Scevola se faisant » brûler le bras sur un feu de bois (Œuvre. N° 808). A côté de Scevola, Porsenna est assis sur son trône, sur le sol gît un homme percé d’un poignard ; on y voit encore d’autres figures. La toile apportée par Rubens à Madrid périt probablement dans l’incendie de 1734. On voit au Musée de Budapest un tableau représentant le même sujet, peint par un élève et retouché par le maître.
Il n’est plus question nulle part des autres tableaux mentionnés par Paehéco. Le Musée de Madrid ne possède aucun Satyre avec un Tigre ; mais ce sujet est traité dans un tableau du Musée de Dresde, œuvre d’un élève retouchée par le maître (Œuvre. N° 610). Une interprétation modifiée du sujet fut gravée par Erasme Quellin, mais il est impossible de dire quel rapport existe entre ces ouvrages et celui que Rubens livra au roi d’Espagne.
David égorgeant un ours fut gravé à l’eau-forte par Guillaume Panneels, et un tableau représentant le même sujet fut vendu en 1827 à la vente Altimera (Œuvre. N° 118). Nous ne savons pas non plus si ces ouvrages représentent le même groupe que celui dont Pachéco fait mention. Rubens a traité de nouveau le sujet de Samson et les Philistins dans un tableau qui se trouve à la Pinacothèque de Munich, et sur lequel nous reviendrons (Œuvre. N° 116).
Départ pour Madrid. — Rubens traversa la France pour se rendre à Madrid ; mais le secret et la diligence lui étaient recommandés au point qu’il ne put visiter à Paris aucun de ses amis, ni même l’ambassadeur d’Espagne ou le représentant de l’infante. Plusieurs personnes s’étaient offertes à l’accompagner. Il n’en avait accordé l’autorisation qu’au seul peintre Jean Cossiers, et cela pour obliger Peiresc. Mais, dit celui-ci, à son grand regret et à celui de Rubens, le pauvre garçon ne put obtenir de ses parents la permission de partir. (1)
Le roi avait prescrit à Rubens de voyager en poste et en effet il se dépêcha car il ne mit que quinze jours à faire cette longue route. Il partit le 28 ou le 29 août, et dès le 15 septembre le nonce apostolique à Madrid, Giovanni Battista Pamphili, écrivait au secrétaire d'état à Rome, que Rubens avait eu à diverses reprises avec le comte-duc Olivarez des entrevues secrètes, où certainement il avait été question d’autre chose que d’art. Au cours de son voyage, il avait cependant fait un petit détour, pour voir le siège de La Rochelle, spectacle qui excita au plus haut point son admiration. Il est certain qu’il n’y est pas resté plus d’un ou deux jours. Il va de soi que son arrivée et ses entrevues avec Olivarez ne passèrent pas inaperçues. Dans la dépêche que le Nonce envoya le 15 septembre au cardinal-secrétaire d'état, il exprime l’opinion que Rubens devait être chargé de quelque mission importante. On croit, dit-il, » que ce grand ami de Buckingham vient proposer un traité de paix entre les deux couronnes,
(1) Peiresc à De Vries — 2 février 1629 — Bulletin- Rubens, I, page 175.