NÉGOCIATIONS A MADRID
la liberté et la sécurité pour les catholiques anglais, ce qui ferait tout échouer. Il croyait que les Hollandais tenaient à confier le moins possible aux Anglais le soin de leurs intérêts, craignant d’être sacrifiés par eux au comte palatin. Il rappelait que le règlement de la situation de celui-ci était le point délicat de la négociation et émettait une fois encore l’idée de donner en mariage la fille de l'empereur au fils du comte palatin, ce qui prouverait qu’on avait sérieusement l’intention
Meléagre et Atalante (Pinacothèque, Munich).
de rendre ses états au beau-frère de Charles I. Pour tenir les Français en échec, le roi d’Espagne devait soutenir les Huguenots et secourir La Rochelle assiégée par Louis XIII. De son côté, Gerbier avait assuré confidentiellement à l’infante, que le roi d'Angleterre et Buckingham étaient disposés à faire la paix avec la France, et qu’il fallait se hâter si l’on voulait prévenir cette éventualité. Une nouvelle et importante raison devait porter Philippe IV à prêter l’oreille à ce conseil. A la fin de 1627, il s’était reconcilié avec son oncle, Charles-Emmanuel de Savoie, et avait conclu avec lui un traité à l’effet de disputer au duc de Nevers, successeur de Vincent de Gonzague, duc de Mantoue, le Montferrat, qui faisait partie des états héréditaires de celui-ci. Comme les Français soutenaient Nevers, il était à craindre qu’ils ne fissent la paix avec l'Angleterre afin d’avoir les mains libres, pour attaquer l’Espagne et la Savoie. Dans cette prévision, ces deux pays avaient intérêt à se réconcilier avec l’Angleterre. Aussi Scaglia, qui travaillait à cette réconciliation, fut-il reçu et écouté avec bienveillance par l’infante, lorsqu’il arriva à Bruxelles le 31 août, un jour ou deux après le départ de Rubens. Ces communications et ces conseils de Scaglia et de Gerbier, transmis par l’infante à Philippe IV, peuvent donner quelque