LES PLAFONDS DE WHITEHALL
Carleton, à en peindre les plafonds, car le 13 septembre 1621, il écrivait à William Trumbull, agent de Jacques I, et qui habitait alors Bruxelles : « Quant à Sa Majesté et Son Altesse Mons1 le Prince » de Galles, je seray tousjours bien ayse de recevoir l’honneur de leurs commandemens, et tou- » chant la salle au nouveau palays je confesse d’estre par un instinct naturel plus propre à faire » des ouvrages bien grands que des petites curiositez Rubens venait d’achever les plafonds de l’église des Jésuites, et la réputation qu’ils lui avaient value, doit avoir contribué à engager la cour d’Angleterre à lui confier une tâche du même genre. Aucune suite ne fut donnée au projet pendant les premières années.
C’est lors du séjour de Rubens à Londres, en 1629, que Charles I doit lui en avoir reparlé, car il ne tarda pas à se mettre à l’ouvrage après son retour à Anvers.
11 se passa du temps avant qu’il l’achevât ; mais tout était terminé en août 1634, car le 11 de ce mois Gerbier écrivait à Charles I et a Toby Matthew, qu’il était bruit que Rubens ne pouvait expédier ses peintures parce que l’argent destiné à les payer n’était pas prêt. La somme convenue était 3000 livres sterling, environ 250.000 fr. en monnaie d’aujourd’hui. Ce ne fut qu’en juillet 1635, que Gerbier reçut ordre de prendre réception des peintures destinées à Whitehall ; elles étaient roulées depuis une année entière et Rubens jugea nécessaire de les repeindre en grande partie. La goutte l’empêchant de passer la mer, il chargea un de ses élèves d’aller les placer et de les retoucher au besoin. Le 8 octobre 1635, elles furent livrées à Lionel Wake, marchand anglais établi à Anvers, qui les expédia à Londres par Dunkerque. Le 6 juin 1636,
Charles I donna l’ordre de payer à Rubens les 3000 livres sterling qui lui étaient dues. Mais le paiement n’eut pas lieu tout de suite. Un premier versement de 800 livres fut fait le 28 novembre 1637 ; un solde de 330 livres fut payé le 14 juin 1638. Le 3 avril 1639, Charles I fit encore don à l’artiste d’une chaîne d’or du poids de 82 1 2 onces, que Lionel Wake fut chargé de lui remettre. C'était probablement un témoignage de satisfaction pour la manière dont l’ouvrage avait été exécuté. Les peintures de Whitehall se trouvent encore à leur place primitive ; elles couvrent tout le plafond de l’ancienne salle de fête, qu’occupe aujourd’hui un Musée de marine.
Hercule terrassant l’Envie — Plafonds de Whitehall, Londres (D’après la gravure de Christophe Jegher).