‹ Rubens; sa vie, son œuvre et son tempsChapitre 104 sur 553 · TRAVAUX FAITS A ROME · texte numérisé non relu

TRAVAUX FAITS A ROME

dans la conduite de sa vie un esprit d’ordre trop constant pour qu’il se permît de donner librement carrière à ses caprices. A ce moment, du reste, au mois de juillet i6o6, il fît une assez sérieuse maladie pendant laquelle il reçut les soins d’un médecin allemand fixé alors en Italie, le D‘‘ Jean Faber, originaire de Bamberg. Dans le recueil de ses œuvres, recueil publié à Rome en i65i, ce docteur raconte en effet, « qu’avec l’aide de Dieu, il avait pu guérir d’une grave pleurésie, P. -P. Rubens qui, par reconnaissance non seulement avait peint son portrait, mais lui avait offert un tableau représentant un Coq, avec cette inscription humoristique :

« Naguère condamné, aujourd’hui rétabli, j’accomplis mon vœu en dédiant cette œuvre à Jean Faber, mon Esculape. » Le portrait a disparu ; mais le tableau du Coq et la Perle, mentionné déjà par Mariette, appartient maintenant au Musée Suermondt, à Aix-la-Chapelle. Bien que l’animal vu de profil soit peint avec une certaine maestria, l’œuvre se recommande plus par la singularité du sujet que par son mérite propre. L’artiste évidemment n’y attachait pas grande importance, et c’est en manière de plaisanterie qu’il offrait à son sauveur cette image d’un oiseau consacré à Esculape. Les lettres écrites par Philippe Rubens à cette époque font plusieurs fois allusion à cette maladie qui avait probablement un peu appauvri le budget de la communauté, budget d’autant plus modeste que, suivant les habitudes parcimonieuses de la Cour de Mantoue, les maigres appointements du peintre ne lui étaient payés que fort irrégulièrement. Déjà, le 1 1 février 1606, Giovanni Magno, l’agent du duc Vincent à Rome, écrivait à Chieppio pour le prier de régler le mode de paiement des 25 écus composant la pension mensuelle de « M. Pierre-Paul, le Flamand », et pour se plaindre des ennuis qu’il avait déjà éprouvés à ce propos. Le 29 juillet suivant, Rubens se voyait obligé d’adresser lui-même une autre requête à Chieppio : on est encore vis-à-vis de lui en retard de quatre mois pour ce salaire dont il a cependant si besoin « si l’on veut qu’il puisse continuer ses études sans avoir à se procurer d’un autre côté des ressources qui d’ailleurs ne lui manqueraient pas à Rome ». C’est probablement à la suite de nouveaux retards que le peintre dut chercher des travaux qui lui permissent à la fois d’occuper ses loisirs et de subvenir à son entretien. Deux dessins du cabinet du Louvre, que nous reproduisons ici, nous fournissent la preuve de ces tentatives. Tous deux proviennent de la collection de Mariette et sont exécutés à la plume avec un léger

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