‹ Rubens; sa vie, son œuvre et son tempsChapitre 11 sur 553 · JEAN RUBENS ET ANNE DE SAXE · texte numérisé non relu

JEAN RUBENS ET ANNE DE SAXE

du Taciturne. C’est à Rubens et à sa femme qu’elle confiait la garde de ses deux enfants demeurés à Cologne et celle des serviteurs attachés à leurs personnes.

Sous prétexte de consulter le docteur sur ses affaires, Anne de Saxe cherchait à l’attirer souvent à Siegen et celui-ci lui faisait d’assez fré-

VUE DE DÎLLENBURG.

(D’après une ancienne Gravure.

quentes visites dans sa nouvelle résidence. Avec le temps, tous deux s’étaient sans doute enhardis, comptant sur l’impunité. Mais, peu à peu, le mystère s’était découvert et le bruit de leurs relations arrivait jusqu’aux oreilles du comte Jean. Un jour du commencement de mars iSyi, comme Rubens se rendait de nouveau à Siegen pour y voir la princesse, le comte le fit enlever par ses trabans et incarcérer d’abord dans cette ville, puis au château de Dillenburg, en attendant qu’il fût statué sur son sort, car dans les lois allemandes de cette époque l’adultère était puni de la peine capitale. On avait également mis la main sur Anne de Saxe qui, interrogée sur les relations existant entre elle et Rubens, commençait par les nier résolument. Mais il est probable que des lettres interceptées avaient fourni une preuve suffisante de sa faute, et il eût été d’ailleurs difficile de la nier bien longtemps, l’épouse coupable étant enceinte d’une fille dont elle accouchait au mois d’août suivant. La torture finit, du reste, par arracher des aveux complets à son complice. Plus tard même, celui-ci, s’efforçant assez piteusement de se disculper, rejetait sur Anne le tort d’avoir fait les premières avances : « Je n’aurais jamais eu, disait-il, l’audace de m’approcher d’elle si j’avais pu craindre

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