VOYAGE DU DUC DE MANTOUE EN FLANDRE
Rubens pour les planches primitives. Les modifications proposées par l’artiste ne visent que les incorrections les plus choquantes dans les proportions, les attitudes, les contours des pieds, des mains ou des draperies. Mais ce qui est pour nous plus intéressant, ce sont les quelques planches dues à Rubens lui-même et sur lesquelles le premier possesseur avait marqué par les initiales Rub. celles qui lui semblaient du maître. Tout en insistant sur les facilités que son prédécesseur avait eues pour être bien renseigné à cet égard, Mariette n’accepte pas sans scrupule toutes les pièces ainsi désignées; mais, dans plusieurs d’entre elles, il croit juste de reconnaître la main du grand artiste.
Entre toutes, celle de la Béati fication de saint Ignace, dont le cabinet de Paris possède la seule épreuve connue, est de beaucoup la plus remarquable. La place laissée pour la légende v est restée vide, et la gravure, d’une exécution très supérieure à celles des autres planches, montre l’importance que l’éditeur y attachait. Du reste, l’aspect de la scène a un caractère si frappant de réalité qu’on la croirait dessinée d’après nature. Pour la reproduire avec autant d’exactitude, Rubens en avait probablement été témoin. L’effet, en tout cas, est saisissant et la pompe de ces grandes solennités religieuses, telles qu’on sait les organiser à Rome, la belle prestance des dignitaires de l’Église, le mouvement du populaire que les gardes contiennent ou repoussent à coups de hallebardes, sont ici rendus avec autant d’art que de vérité. A cette date, avec ses qualités de composition, l’œuvre est significative et méritait d’être signalée.
Les semaines et les mois s’écoulaient pour Rubens au milieu de cette