RUBENS ÉPOUSE ISABELLE BRANT
en vain essayé de le retenir auprès d’eux, à Bruxelles, ils le nommaient peintre de leur hôtel, avec la faculté de résider à Anvers et une rente annuelle de 5oo livres de Flandre. D’autres avantages étaient encore joints à cette faveur, tels que l’exemption des impôts et la dispense de faire inscrire ses élèves sur les listes de la Gilde de Saint-Luc.
Avec le temps, Rubens s’attachait de plus en plus à cette ville d’Anvers où il bénéficiait à la fois d’un patronage si délicat et d’une liberté qui, après les contraintes qu’ilavait subies au début de sa carrière , lui semblait plus précieuse encore.
Cette année même, il avait été admis dans la Société des Romanistes, où se réunissaient tous les artistes et les lettrés qui avaient séjourné en Italie. Fondée en 1874 et placée sous l’invocation des Saints Pierre et Paul, elle était en 1 609 présidée par Jean Brueghel qui, en sa qualité de doyen, avait reçu le nouvel affilié. Rubens pouvait là s’entretenir des choses qu’il aimait, avec ses confrères et les érudits qui faisaient partie de cette association. La maison de son frère lui était d’ailleurs chère entre toutes. Non seulement elle était le rendez-vous des hommes les plus éminents de la cité, mais l’artiste trouvait à ce foyer de famille l’exemple d’un bonheur domestique bien fait pour gagner son âme affectueuse et tendre. Sa situation lui assurait maintenant une vie honorable et des ressources plus que suffisantes pour se créer un intérieur; son nom était déjàcélèbre et avenant, bien tourné comme il l’était, il pouvait prétendre aux partis les plus brillants. Il n’avait pas, du reste, à chercher bien loin pour trouver une compagne à son goût et une des