CHAPITRE PREMIER
qu’au début on lui avait laissé concevoir, ne se réalise pas. Sans se rebuter, pensant qu’elle pourra elle-même plaider sa cause d’une manière plus etficace, elle se rend alors à Siegen, et, par un billet adressé au comte Jean, le 24 avril, elle lui demande une audience. Mais il n’est pas fait droit à sa requête. Désolée, car depuis trois semaines elle était sans nouvelles de son mari, craignant qu’il soit malade ou qu’on le traite
avec plus de rigueur, elle se décide à partir pour Dillenburg. A peine arrivée, elle sollicite la grâce de voir le prisonnier et de lui parler.
Celui-ci, informé de la venue de sa femme, joint ses prières aux siennes, faisant observer respectueusement au comte « qu’un exemp le tant rare, l’ayant si grièvement offensée, mérite bien un peu de pitié ».
Dans une autre lettre, il revient à la charge. « J’ai mérité tous mes maux, dit-il, mais elle est innocente ; » et il supplie qu’elle puisse l’entretenir, ne serait-ce que l’espace d’une minute et en présence de tel qu’il plairait au comte de désigner, afin qu’elle sache du moins « ce qu’elle doit répondre à ceux qui tâchent à savoir la cause de sa détention. Et s’il est encore impossible de lui accorder cette grâce, que pour le moins, elle puisse venir par dehors les murailles et qu’il la puisse voir par sa petite fenêtre». Le comte resta sourd aux supplications des deux époux, et sur son ordré, Rubens dut même écrire â sa femme de ne pas insister davantage, cette insistance devenant importune. 11 fallut bien se résigner et retourner à Cologne pour v reprendre une vie misérable et désolée.
Près de deux années s’écoulèrent ainsi, sans amener grand changement dans une situation qui, malgré toutes les démarches de Maria Pype-
ÉTUÜE d’enfant.
(J^lusée du Louvre.)