INTERNEMENT A SIEGEN
lincx, ne prit un peu meilleure tournure que vers le mois de mai iSyS. A ce moment, sur les instances de cette femme admirable, un accord fut conclu, portant que moyennant une caution de 6 ooo thalers, le captif sortirait de son cachot pour être interné à Siegen ; mais sous la condition expresse de vivre à l’écart et de se constituer de nouveau prisonnier à la première sommation qui lui en serait faite. Maria ayant à grand’peine réuni la somme exigée, les deux époux furent enfin réunis le jour de la Pentecôte, et Jean Rubens, de son style le plus alambiqué, adressait, ce jour même, au comte Jean, une lettre de remerciements dans laquelle, tout en se défendant de donner à sa reconnaissance « le lustre de paroles agencées », il paie un trop large tribut à cette manie de compliments
amphigouriques et d’hyperboles quintessenciées qui sévissait alors parmi les beaux esprits de cette époque.
La vie commune avait recommencé, humble et cachée, comme il convenait à la situation du ménage et à l’engagement qu’il avait pris de ne pas attirer sur lui l’attention. A peine, de temps à autre, Jean Rubens obtenait-il, à raison de son état maladif, l’autorisation « de promener quelquefois aux champs, étant rempli de mauvaises humeurs que le sentiment de son péché, sa longue prison et mélancolie lui avaient causées ».