‹ Rubens; sa vie, son œuvre et son tempsChapitre 140 sur 553 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

la disposition générale de ses masses. Leur importance relative, les contrastes qu’elles offrent entre elles, manifestent, dès le premier aspect, les cotés saillants du sujet et reportent invinciblement le regard vers « cette grande figure blanche, tout en éclat sur des ténèbres, immobile et (iepen-

dant mouvante, qu’une impulsion mécanique porte en biais dans la toile, avec ses mains trouées, ses bras obliques et ce grand geste clément qui les fait se balancer, tout grands ouverts, sur le monde aveugle, noir et méchant » (i). Mais, pour soutenir la poussée de cette masse lourde, livide et vacillante, l’artiste a ramassé sur le sol, en un groupe compact, les femmes éplorées, saisies de pitié ou d’effroi à la vue du supplice, tandis qu’à l’autre extrémité de la toile, il laissait plus de jeu aux figures et aussi plus de repos autour de l’épisode central.

L’effet ajoute au pathétique de la scène. Sur le ciel d’un bleu sombre, avec le sourd accompagnement de ces rochers bruns, de ces ombres foncées et de ces végétations olivâtres, les visages, les carnations, les armures et les draperies se détachent avec une netteté implacable (2).

(1) Les Maîtres d'autrefois, p. 92.

(2; Certains morceaux cependant sont peints avec plus de souplesse; comme le groupe des cavaliers à droite, le chef et son beau cheval gris à longue crinière, et à côté les deux larrons. La transparence et la franchise magistrale qu'on y remarque seraient inexplicables à cette date ; mais les registres de comptes de Sainte-Walburge nous apprennent que beaucoup plus tard, en octobre 1627, Rubens a en partie retouché et remanié son tableau, après qu'il eût été nettoyé par J .-P>. Hruno.

PORTRAIT d’un FRANCISCAIN.

(Pinacothèque de Munich.)

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