MORT DE PHILIPPE RUBENS
ouvrages qu’on lui commandait et d’autres pièces où il installerait ses nombreux élèves, parmi lesquels il commençait à se choisir des collaborateurs. L’occasion se présenta pour lui de trouver, au centre même de la ville, sur le Wapper, une propriété assez considérable qu’il achetait le 4 janvier i6ii au D'' André Backaert et à sa femme Madeleine Thys, pour le prix de 7 600 florins. C’était, ainsi que nous l’apprend le contrat de vente, « une maison avec une grande porte, cour, galerie, cuisine, chambres, terrain et dépendances, ainsi qu’une blanchisserie sise à côté, touchant du côté de l’est au mur du Serment des Arquebusiers ». La blanchisserie avait autrefois servi de Raamhof, c’est-à-dire de tendoir pour les foulons qui faisaient sécher leurs draps. Des échéances furent stipulées pour le versement des annuités du prix de vente qui fut très exactement payé.
L’esprit d’ordre que nous venons de constater chez Rubens le poussait, de concert avec sa femme, à faire tous deux leur testament, le 21 février 161 1 , afin de régler la situation des enfants qui pourraient naître de leur mariage ; mais on ignore la teneur de cet acte passé par devant le notaire Léonard Van Halle, les archives de ce dernier ayant disparu. Un mois après, le 21 mars 1611, Isabelle accouchait d’une fille qui fut baptisée à l’église Saint-André et reçut le prénom de Clara, sa grand’mère, Clara de Moy ayant été sa marraine; le parrain était Philippe, le frère de Rubens. Pierre-Paul, de son côté, avait été le parrain d’une fille de Philippe, baptisée l’année d’avant, le 4 août 1610, et nommée également Clara. Fidèles à leur constante amitié, les deux frères, on le voit, ne négligeaient aucune occasion de s’associer mutuellement aux joies comme aux peines de leur vie, quand un coup imprévu vint détruire le bonheur de ces existences si étroitement unies. A la suite d’une courte maladie, Philippe fut enlevé le 28 août 1611 à l’affection des siens : il n’avait pas encore 38 ans. Ses funérailles furent célébrées avec pompe et la note des dépenses faites à ce sujet, en même temps qu’elle nous renseigne sur la situation qu’occupait sa famille, jette un jour curieux sur les mœurs de cette époque. Nous y relevons, en effet, une somme de i33 florins 12 stuivers pour les frais des repas offerts le jour de l’enterrement aux parents, amis et confrères du défunt. Pour apprécier la quantité énorme de « viandes, jambons, pâtisseries, laitages et pots de vin » qui y furent consommés, il suffira, suivant la remarque de M. Géhard, de faire observer que les