‹ Rubens; sa vie, son œuvre et son tempsChapitre 157 sur 553 · VOLETS DE LA DESCENTE DE CROIX · texte numérisé non relu

VOLETS DE LA DESCENTE DE CROIX

lincx (ij que son fils aurait peinte de souvenir et qu’il introduisit successivement dans plusieurs Saintes Familles exécutées un peu après ? Ne serait-ce pas plutôt la mère d’Isabelle, car, à côté d’elle, nous remarquons le plus souvent, tenant la place de saint Joseph, un homme à grande barbe d’apparence robuste et de physionomie très sympathique, peut-être Jean Brant, le beau-père de l’artiste ? Ce ne sont évidemment là que des conjectures, mais il nous a paru convenable de signaler la persistance de ces mêmes types dans les productions de cette époque, puisque les modèles, suivant toute vraisemblance, faisaient partie de l’entourage immédiat de Rubens.

La collection du prince Giovanelli, à Venise, possède les esquisses, assez peu modifiées, faites pour la Visitation et pour la Présentation au Temple qui lui sert de pendant. Celle-ci, avec plus de distinction dans la tournure des personnages, présente aussi une couleur plus riche et plus harmonieuse. La gratitude et le respect de Siméon serrant contre sa poitrine le petit Jésus, la sollicitude maternelle de la Vierge qui, d’un geste aussi touchant que naturel, étend ses mains au-dessous de l’enfant pour le recevoir s’il échappait aux bras du vieillard, la pieuse admiration de la prophétesse Anne, toutes les impressions enfin qu’excite cette scène d’une intimité si pénétrante sont rendues avec autant de charme que de vérité. L’aspect de l’ensemble est plein de gaieté et d’éclat, comme si l’artiste avait voulu associer toutes les joies de la couleur à l’hymne d’allégresse qui s’exhale de ces cœurs épanouis. Avec M. Max Rooses (2), nous croyons aussi qu’il convient de reconnaître parmi les assistants Nicolas Rockox, Rubens ayant tenu, par un sentiment bien naturel de gratitude, à introduire dans son œuvre le portrait de l’ami dévoué qui avait si efficacement contribué à lui en assurer la commande.

Pour le Saint Christophe, l’artiste s’est conformé de tout point aux traditions observées dans la représentation d’un sujet que bien souvent les maîtres des écoles du Nord avaient traité avant lui. Ainsi que d’habitude, il nous montre l’ermite posté sur une des rives du cours d’eau que traverse saint Christophe et projetant la lumière de sa lanterne sur le colosse qui porte sur ses épaules l’Enfant Jésus. Celui-ci, souriant d’un air malicieux, pèse de tout son poids sur le bon géant, une manière d’Hercule

^i) Zeitschrift fur bildende Kunst. Juillet i8t)|, p . 281 .

(2) L'Œuvre de T(ubeus, II, p. m.

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