‹ Rubens; sa vie, son œuvre et son tempsChapitre 159 sur 553 · LA DESCENTE DE CROIX · texte numérisé non relu

LA DESCENTE DE CROIX

qu’il veut produire. Cette fois encore, P’romentin va nous dire avec quelle force et quelle originalité il le fit.

« Tout est fini. Il fait nuit ; du moins les horizons sont d’un noir de plomb. On se tait, on pleure, on recueille une dépouille auguste, on a des soins attendrissants.

C’est tout au plus si de l’un à l’autre on échange ces paroles qui se disent des lèvres après le trépas des êtres chers. La mère et les amis sont là, et d’abord la plus aimante etla plus faible des femmes, celle en qui se sont incarnés dans la fragilité, la grâce et le repentir tous les péchés de la terre, pardon nés, expiés et maintenant rachetés. Il y a des chairs vivantes opposées à des pâleurs funèbres. Il y a même un charme dans la mort.

Le Christ a l’air d’une belle fleur coupée. Comme il n’entend plus ceux qui le maudissaient, il a cessé d’entendre ceux qui le pleurent. 11 n’appartient plus ni aux hommes, ni au temps, ni à la colère, ni à la pitié ; il est en dehors de tout, même de la mort (i ). »

Tous les sentiments qu’un pareil spectacle a pu exciter parmi les assistants, tous ceux qu’il doit aujourd’hui nous suggérer, Rubens les a merveilleusement exprimés. Autant la scène dans V Érection de la Croix était compliquée, tumultueuse, remplie d’agitations et de contrastes, autant ici elle est simple, touchante et silencieuse, forte de sa seule éloquence. Si

PORTRAIT d’homme. (Musée de Dresde.)

O) Les Mai 1res d'autrefois, p. 89.

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