‹ Rubens; sa vie, son œuvre et son tempsChapitre 199 sur 553 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

lui. Si, dans les œuvres auxquelles ils ont pris une part plus ou moins considérable il est, en général, facile de constater leur intervention, il serait, en revanche, assez malaisé, à moins de documents formels à cet égard, de distinguer quel a été, dans un cas donné, le coopérateur de l’artiste. On sait cependant que Jean Wildens, depuis son retour à Anvers, vers 1617, fut emplové jusqu’à la mort de Rubens à peindre les fonds de ses tableaux. C’est probablement à lui que le maître fait allusion quand il parle de « l'artiste distingué » qui a exécuté le paysage des Léopards et qu’il revient sur cet éloge dans sa lettre du 26 mai. Paul de Vos, bien qu’il fût élève de David Remeus, peignit aussi quelquefois des animaux pour Rubens, qui plus tard le chargea de travaux importants pour le roi d’Espagne. Mais son talent correct et un peu froid, était tout à fait éclipsé par celui de son beau-frère, Frans Snyders. Celui-ci, quoiqu’il n’eût pas reçu les leçons de Rubens, devint pour lui un collaborateur très assidu et très utile. De deux ans moins âgé que le grand artiste, Snvders avait été, dès i5g3, l’élève de Pierre Brueghel le Jeune, avant d’entrer dans l’atelier de Henri Van Balen. Admis à la maîtrise en 1602, il voyageait ensuite en Italie de 1608 à 1609, et de retour dans sa' ville natale, il y épousait en 1611 la sœur des peintres Cornelis et Paul de Vos. Son caractère aimable et sûr lui avait valu l’affection de tous ses confrères. Van Dyck, qui l’avait suivi de près dans l’atelier de Van Balen, avait pour lui une amitié particulière, et les divers portraits dans lesquels il a peint le loyal visage de Snyders comptent parmi ses meilleurs ouvrages. Rubens ne devait pas lui être moins attaché; il tenait en aussi haute estime son talent et son caractère, et, avant de mourir, il lui donnait un précieux témoignage de sa confiance en le nommant un de ses exécuteurs testamentaires. Exclusivement adonné à la représentation des animaux, Snyders a élevé à une hauteur qu’il n’a\-ait pas encore atteinte le genre modeste dans lequel il s’était cantonné. A ce titre, il a dû beaucoup à Rubens, et en même temps que, sous son influence, il donnait plus d’ampleur à ses formes et plus d’éclat à sa couleur, il gagnait aussi le sens dramatique et la poésie qu’il a su mettre dans quelques-unes de ses meilleures compositions.

Les échanges, d’ailleurs, étaient réciproques, et Rubens n’a pas tiré un moindre parti de l’aide de son collaborateur. 11 n’en est pas, en tout cas, qui, à raison de la franchise et de la bravoure de son exécution, s’as-

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