CHAPITRE IX
il \oulu, du reste, Brueghel ne pouvait guère modifier sa manière; c’était justement son fini si précieux que goûtaient ses admirateurs. Autant son père avait eu de force, de ^■erdeur, parfois même de brutalité, dans sa
DLL lus MUS CONSULTE LES AU G U KL S (Galerie Licchlenslcin.)
façon de \oir et d’exprimer la réalité, autant il se montrait consciencieux, délicat, amoureux des détails, cherchant à rendre les côtés les plus gracieux de la nature, d’une touche un peu menue, mais singulièrement précise et habile. A l’exemple de la plupart de ses contemporains, le jeune artiste a\ait été attiré par l’Italie où il séjournait de i5g3 à i5g6. Dès ce séjour au delà des monts, Brueghel avait contracté, a^■ec Rottenhammer et Paul Bril, des habitudes de collaboration qu’il devait continuer à Anvers avec les peintres d’intérieurs P. Neefs et Steenwyck et avec le pa}'sagiste Josse de Momper. En homme d’ordre, il avait même tarifé l’aide qu’il leur prêtait, et son livre de comptes nous apprend que, pour étoffer, comme il le faisait, les paysages de Momper, il recevait de lui 40 florins par tableau. C’étaient des ligures que jusque là il avait peintes dans les oeu\Tes de ses confrères Anversois; ce seront, au contraire, des fleurs, des fruits, des armes, des animaux qu’il pein-
RUBENS ET JEAN BRUEGHEL. 2i3
dra désormais dans ies tableaux faits en collaboration a\ec Rubens.
Nous savons que dans la correspondance assez régulière échangée entre le cardinal Borromée et Brueghel, son protégé, au lieu de l’écriture laborieuse, de l’orthographe fantaisiste et du style embrouillé de ce