CHAPITRE X
a-l-il remanié ultérieurement ce bel ouvrage qu’il avait gardé chez lui jusqu’à sa mort, car, nous le voyons porté à son inventaire sous la désignation peu exacte des Sept Pécheurs repentis.
Un autre tableau de la Pinacothèque, peint à la même époque offre
avec ce dernier quelque analogie et justifie mieux son titre : le Christ et les quatre Pénitents, puisqu’il représente le roi David, Saint Pierre, le bon Larron et Madeleine implorant le Rédempteur qui, avec une expression de bonté et de tendresse compatissante, leur montre les plaies de ses mains et de son côté, comme gages de son amour etde leur pardon.
D’une facture plus expéditive, mais singulièrementhabile,cetteœuvre, entièrement de la main du maître, a conservé une fraîcheur et un éclat qui attestent l’excellence de ses procédés. La transparence de la pénombre dans laquelle est novée la figure de Saint Pierre est merveilleuse et les gris du ciel concourent avec les bruns des rochers pour donner à la scène un relief surprenant. Humble et tout abîmée dans son repentir, la belle pécheresse avec ses épaules nacrées, ses blonds cheveux épars et son attitude pleine d’abandon, est une des plus délicieuses créations de Rubens.
De plus en plus, il faut le remarquer, les tableaux religieux tenaient une grande place dans son œu\ re. Certes, dans les épisodes empruntés à la prédication du Christ ou dans les sujets de pure dévotion, comme les Madones ou les Saintes Familles, il n’a ni la grandeur naïve, ni l’austère gravité des primitifs, pas plus que le choix des formes et la
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