‹ Rubens; sa vie, son œuvre et son tempsChapitre 215 sur 553 · LE CHRIST A LA PAILLE · texte numérisé non relu

LE CHRIST A LA PAILLE

(Triptyque du Musée d’Anvers.)

cheveux flottants, à la barbe soyeuse, aux traits agréables, mais un peu insignifiants, etavec leurs allures de jeunes matrones flamandes, ses vierges ne sont guère plus expressives. Mais qu’il représente le Christ dans les situations les plus pathétiques de sa vie terrestre, subissant les outrages de ses bourreaux, gravissant le Calvaire ou expirant sur la croix; la Vierge assistant à sa longue agonie ou tenant son cadavre sur ses genoux, alors par la sincérité et la puissance communicative de son émotion, il ose être simple, profondément humain et dans les inventions qui jaillissent spontanément de son âme et qu’il transporte vives sur la toile, il atteint la plus haute éloquence. Tel il nous apparaît dans le Christ en croix du Louvre, avec la Vierge, Saint Jean et Madeleine réunis sur le Calvaire dans une même pensée de pieuse tristesse et d’adoration, tableau d’une désolation si profondément saisissante. Même en

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