‹ Rubens; sa vie, son œuvre et son tempsChapitre 222 sur 553 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

sépare le travail du maître de celui de ses collaborateurs, et cependant, en cette occasion, le plus actif d’entre eux, n’était rien moins que van Dvck. Bien que Rubens ait retouché presque tous les visages afin d’en mieux préciser l’expression et que, çà et là, avec sa sûreté habituelle, il

ait aussi donné plus d’animation à l’ensemble, mis plus de jeu et plus d’air entre les figures, et mieux accusé l’harmonie générale, il faut bien reconnaître que la spontanéité et le souffle de l’inspiration éclatent surtout dans les esquisses, tandis que les tonalités plus lourdes des tableaux définitifs, ainsi que leur facture monotone et un peu figée trahissent la main des disciples. Très puissantes de ton et très vives d’allures, ces esquisses sont, du reste, de véritables tableaux et comptent parmi les meilleures d’un homme qui en a tant produit d’excellentes. On y sent l’abandon et la sûreté que donne à l’artiste la conception très nettement arrêtée de son sujet jointe à un extrême plaisir de peindre. Mais, si grand que soit son entrain, il se contient toujours pour que l’habileté de la main, au lieu de dégénérer en virtuosité, ne serve qu’à une expression plus complète de sa pensée.

Dans la première de ces compositions. Saint Ignace, vêtu d’une aube blanche sur laquelle est passée une chasuble rouge et or, se tient adossé à l’autel, sa main posée près du calice, comme pour montrer la source où il puise sa force. Il lève les yeux vers le ciel, implorant de l’assistance divine

MIRACI.es RE SAINT IGNACE DE LOYOLA.

(Musée de Vienne.)

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