‹ Rubens; sa vie, son œuvre et son tempsChapitre 223 sur 553 · LES MIRACLES DE SAINT IGNACE · texte numérisé non relu

LES MIRACLES DE SAINT IGNACE

le pouvoir de faire les miracles qui consacreront sa mission. A côté de lui sont rangés ses compagnons, enveloppés de longs manteaux noirs, des religieux aux figures austères, immobiles et attentifs. Au-dessous d’eux, la foule des affligés et des malades est accourue pour obtenir le retour à la vie d’êtres chers ou la guérison de cruelles souffrances. Toutes les variétés de la douleur physique ou morale sont ici représentées : des mères avec leursenfants morts ou atteints de maux incurables ; une femme en proie à une crise d’une violence extrême et qui, les yeux hagards, les vêtements en désordre, se débat et se renverse affolée, au milieu d’assistants impuissants à la contenir; et au premier plan, terrassé par l’épilepsie, un homme presque nu, livide et farouche, hurlant, les mains crispées et la bouche écumante. Tordus, dé jetés, ces malheureux font peine à voir et la justesse impitoyable avec laquelle sont rendues les convulsions spasmodiques qui secouent tout leur être est d’un effet si saisissant, d’une vérité si scrupuleuse, que MM. Charcot et Richer, dans leur curieuse étude sur les Démoniaques dans l’Art (i) ont pu retrouver, parmi les possédés et les convulsionnaires de ce tableau, tous les caractères scientifiques assignés par les recherches les plus récentes à la névrose et à l’hystérie. Comme le vieux Brueghel, avec sa curiosité toujours en éveil et son désir

MIRACLES DE SAINT F R A N Ç O I S- X A V I E R . (Musée de Vienne.)

(i) Paris, 1887. I vol. in-y, p. 84, 35.

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