CHAPITRE X
des vêtements des bourreaux et le bleu intense du ciel — s’équilibrent à distance et s’accordent avec les gris de l’architecture pour faire une harmonie d’une richesse magnifique. Malheureusement l’exécution,
quoique fort habile, trahit la main d’un élève; on y souhaiterait un peu plus d’abandon, quelques-uns de ces accents décisifs que nous montre le beau dessin du Musée de l’Ermitage, fait par Rubens, probablement pour servir de modèle à un graveur, mais qui cependant n’a pas été reproduit. Les deux volets intérieurs complètent cette remarquable décoration. Il semble même que, dans celui de gauche, la Prédication de Saint Étienne, la facture soit plus personnelle et plus libre. Le visage inspiré du saint, ses mains, son costume, la tête d’un des auditeurs, et çà et là ces hachures énergiques tracées d’un pinceau plus ferme et plus sûr, attestent, en effet, la participation plus large du maître. Pour le volet de droite, V Ensevelissement de Saint Étienne, si des rouges et des verts trop accusés y attirent plus qu’il ne faudrait le regard au détriment du panneau principal, la composition, en revanche, est d’une hardiesse et d’une aisance merveilleuses. Ainsi que le fait observer M. Max Rooses, il n’y a que Rubens pour savoir avec une telle aisance étager sur un espace aussi étroit ( i m.26 de large sur 4 mètres de haut) neuf figures de grandeur naturelle : des femmes abîmées de désespoir — l’une d’elles,