‹ Rubens; sa vie, son œuvre et son tempsChapitre 233 sur 553 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

dont l’image radieuse demeure profondément fixée dans le souvenir.

L’étude de la Vieille Femme au Couvet (Galerie de Dresde) avec son visage éclairé de bas en haut, par la braise enflammée d’un réchaud sur lequel souffle le jeune garçon placé à côté d’elle, nous est une nouvelle

preuve de la curiosité qui porte Rubens à aborder tous les effets que peut lui offrir la nature. Dans ces sujets alors très en vogue et que la plupart des peintres contemporains, Honthorst notamment, ne traitent qu’avec des contrastes d’une dureté excessive, le maître fait preuve d’une délicatesse d’observation singulière. La rougeur transparente des mains opposées à la flamme, les passages insensibles des ombres aux lumières, et la recherche si finement poursuivie du modelé dans le visage de cette bonne vieille, attestent avec quelle pénétration ce grand esprit arrivait à résoudre, comme du premier coup, des problèmes nouveaux pour lui.

Mais tandis que les autres s’absorbant dans la représentation exclusive d’effets de ce genre, en faisaient l’objet d’une spécialité forcément monotone, Rubens ne s’y laissait pas cantonner. Après cette tentative heureuse, loin de s’attarder à ces effets, il s’empresse de revenir à cette lumière diffuse qui, sans dénaturer les tonalités, lui permettait mieux de manifester ses qualités personnelles. Cette étude de Dresde n’est d’ailleurs, ainsi que MM. Hymans et Max Rooses l’ont prouvé, qu’un fragment d’une œuvre mutilée, dont le Musée de Bruxelles possède

Page 1