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PREMIÈRES GRAVURES D’APRÈS RUBENS

colonie étrangère, comme EIsheimer, il prenait soin de s’enquérir de leurs procédés, il comparait entre elles leurs manières et travaillait luimême pour les graveurs. Nous avons vu, en effet, que sur la demande d’un de ses compatriotes, il avait consenti non seulement à faire plusieurs dessins pour compléter une suite de gravures relatives à l’histoire de saint Ignace de Loyola, mais à indiquer, sur les marges des planches plus que médiocres que comprenait déjà cette suite, des corrections en vue d’atténuer les fautes de dessin les plus choquantes de ces gravures. C’est à Rome aussi que Rubens dessinait pour Jean Moretus les détails de costumes, ou les objets antiques que Corneille Galle avait gravés pour le livre de son frère : Philip pi Rubenii Electorum libri duo, publié en 1608 par la librairie plantinienne. De retour à Anvers, l’artiste allait bientôt entretenir lui-même des relations suivies avec cette librairie et avec les graveurs qu’elle employait pour les frontispices ou les illustrations dont il lui fournissait les modèles.

Un des premiers travaux qu’il ait exécutés en ce genre était destiné à l’illustration d’un Traité d’Optique, en six livres, publié en i6i3 par le Père François Aguilon, pour lequel Rubens avait dessiné non seulement les vignettes placées au début de chacun des six livres, mais le frontispice de ce volume, composition alambiquée et bizarre, gravée par Th. Galle, beau-frère de Balthazar Moretus, et dans laquelle M. Hymans hésite à voir une œuvre du maître. Il est certain que l’ensemble est d’un goût plus que douteux et que dans les détails on relèverait trop facilement des traits assez ridicules, par exemple ce Génie de l’Optique, dont le sceptre est surmonté d’un œil et qui trône à côté d’un paon à la queue constellée d’yeux, tandis que Mercure, posé en buste sur un terme, tient à la main une tête d’Argus également trouée d’yeux innombrables.

En général, pour ces frontispices, un motif d’architecture d’un style plus ou moins baroque — fronton, temple ou autel — forme la charpente de la décoration au centre de laquelle un intervalle rectangulaire ou ovale a été ménagé pour recevoir le titre de l’ouvrage. Encadrés par les lignes rigides du monument, des figures allégoriques et des attributs spéciaux symbolisent le caractère du livre ou en résument le contenu. Si un grand nombre des publications de l’imprimerie plantinienne avaient trait à la religion, leur liste cependant embrasse les matières les

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