CHAPITRE Xî
Les œuvres se succèdent alors coup sur coup avec une rapidité qui tient du prodige et qui témoigne de l’ardeur que Vorsterman apporte à sa tâche. Rubens a compris tout le parti qu’il peut tirer d’un interprète
aussi précieux. Avec le désir bien naturel de répandre ses œuvres, il voit bien vite aussi le profit
matériel que peut lui valoir une telle entreprise et il ne néglige rien pour en assurer le succès. A partir de ce moment, en effet, il prend à son compte l’exécution et la vente des estampes et il n’épargne ni son temps, ni ses soins pour obtenir de son traducteur toute la perfection ' possible. Tout d’abord, il est nécessaire de fournir à ce dernier des reproductions exactes des œuvres qu’il doit graver. A raison PORTRAIT DE L . VORSTERMAN. de leurs dimensions, quel-
(Fac-similé d’une Eau-forte de Van Dydc.') «
ques-unes de ces œuvres
sont difficilement transportables ; d’autres doivent être livrées à bref délai pour être mises en place dans des églises ou des monuments publics. Des dessins exécutés avec soin suppléeront aux originaux et seront pour le graveur du plus grand secours. Mais, pressé comme il l’est par ses grands travaux, le peintre ne dispose pas du temps nécessaire pour faire lui-même tous ces dessins qui exigent beaucoup d’habileté. Par bonheur, il a en ce moment parmi ses aides un artiste sur le talent duquel il peut à l’occasion se reposer. C’est donc à van Dyck qu’il confie cette tâche. Le témoignage de Bellori f i ) est formel à cet égard : « Rubens, dit-il, fut heu-
(i) P.ellori, Vite dei piltori, xcultori ed archileiti moderni. Pisa, 1821, I, p. 257.