‹ Rubens; sa vie, son œuvre et son tempsChapitre 252 sur 553 · CHAPITRE XL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XL

noire rehaussé de gouache, fait pour la gravure de Pontius (Musée Boymans) et le panneau central de la Pêche Miraculeuse, dessin à la plume et au lavis (Musée de Weimar) pour la gravure de Schelte à Bolswert, ainsi que la Lapidation de Saint Étienne, très beau lavis à l’encre de Chine (collection de l’Ermitage) dont nous avons déjà parlé, etc. Quant aux dessins auxquels Mariette fait allusion, ils ne sont certainement pas de Rubens. La plupart, du reste, appartiennent aujourd’hui au Louvre et sur les neuf tableaux cités dans la lettre à van Veen comme étant gravés par Vorsterman, il en est sept dont nous possédons les copies faites très soigneusement pour ce graveur, copies excellentes que Rubens a, sans doute, retouchées par places, mais qu’il ne se serait jamais astreint à finir avec une si minutieuse exactitude. Il est d’ailleurs facile d’y reconnaître l’exécution élégante dont parmi tous les collaborateurs de Rubens, van DycL seul était alors capable.

Avec de pareils modèles, Vorsterman était assuré d’interpréter les originaux plus fidèlement que s’il les avait eus sous les yeux. Sa planche terminée ou en cours d’exécution, les épreuves en étaient soumises au peintre qui vérifiait la qualité du travail et faisait les retouches qü’il jugeait nécessaires. L’étude de ces corrections sur les épreuves d’essai qui se trouvent au Cabinet des Estampes est particulièrement instructive et nous fournit une nouvelle preuve de la sûreté de coup d’œil du maître et de la netteté de ses remarques. En général, ces retouches visent surtout l’effet d’ensemble, car c’était là le but qu’il s’efforçait d’atteindre avant tout. Il convient de remarquer qu’avec Rubens la tâche sur ce point était malaisée, car si dans ses œuvres les valeurs locales sont exactement observées, le clair-obscur n’y joue qu’un rôle assez effacé, l’effet étant obtenu par une judicieuse répartition des couleurs, plutôt que par l’opposition des ombres et des lumières. Il semblerait, par conséquent, que le graveur dût rencontrer des difficultés plus grandes pour interpréter les œuvres de l’artiste puisqu’il s’agissait de traduire des nuances de colorations plus encore que des différences de tons. Ces transpositions si délicates ont été cependant réalisées, grâce à la discipline imposée par Rubens â ses traducteurs et grâce aussi à leur habileté. Chez Vorsterman cette habileté, si grande qu’elle soit, ne vise jamais qu’une fidélité plus complète de reproduction et comme il était lui-même un dessinateur excellent, Rubens n’a eu que très rarement à modifier chez lui un

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