‹ Rubens; sa vie, son œuvre et son tempsChapitre 263 sur 553 · LE CHATEAU DE STE EN · texte numérisé non relu

LE CHATEAU DE STE EN

(Fac-similé de la Gravure de Schelle, à Bolswert. — .Alusée de Vienne )

ainsi appliqué à manifester son art par les movens les plus élémentaires. Vasari nous apprend, en effet, que le peintre de Cadore « avait dessiné lui-même sur le bois le tableau des Six Saints pour être gravé par d’autres ». Ces grandes pièces de son artiste préféré, Rubens avait pu les voir pendant son séjour en Italie, dans la boutique d’un marchand d’estampes établi alors à Mantoue, Andrea Andreani qui les avait copiées ou fait copier par les graveurs qu’il entretenait et dont souvent il s’est approprié les travaux en les signant lui-même. Andreani était d’ailleurs un esprit inventif, et il s’ingéniait à reproduire en camaïeux les dessins originaux qui faisaient partie de la collection des Gonzague, entre autres ceux de Raphaël, de Barroccio et du Parmesan. Une estampe éditée par lui d’après le groupe de V Enlèvement des Satines de Jean de Bologne, est remarquable par la franchise de l’effet et de la facture. Mais la suite de ses planches reproduisant les peintures du Triomphe de Jules César par Mantegna avait dû particulièrement intéresser Rubens.

BOÎS GRAVÉS PAR CH. JEGHER.

On sait qu’il devait lui-même copier une partie de ce magnifique ensemble dont Andreani dédiait en i5gg les gravures au duc Vincent de Gonzague. Dans la dédicace placée en tête de cette série au-dessous du

LE JARDIN d’amour (FRAGMENT.)

(Fac-similé de la Gravure de Ch. Jegher, d’après Rubens.)

médaillon de Mantegna, Andreani nous informe qu’à ce moment encore les peintures originales de ce maître « se trouvaient dans la cour du Palais de Saint-Sébastien où elles attiraient une foule d’amateurs » et qu’il s’était efforcé d’en bien rendre l’aspect « au moyen d’ombres obtenues par un procédé nouveau », imaginé par lui pour donner plus de relief à ses gravures. Exécutée sur les dessins d’un peintre mantouan, Bernard Malpizzi, cette suite traduit avec une grande fidélité les mâles et nobles figures de Mantegna. Le fond du papier blanc, ménagé çà et là sur une légère teinte de bistre, forme les lumières et concourt ainsi avec les tailles de la gravure pour rendre très franchement le modelé.

Curieux comme il l’était, Rubens s’était certainement renseigné sur les conditions de ce mode de travail et il s’y est conformé dans les tentatives de camaïeux analogues, essayées par lui pour plusieurs des planches gravées par Jegher. Mais il y avait bientôt renoncé, préférant

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