LES COLLECTTONS DE RUBENS
Les deux dames étaient amies, et Rubens, de son côté, faisait grand cas du talent et du caractère de son confrère, auquel il procura et fit luimême plusieurs commandes. On rapporte, en effet, que lorsqu’il était
PORTIQUE DE LA MAISON DE RUBENS (Fac-similé de la Gravure de îlarrewyn.)
trop absorbé par ses grands travaux pour peindre les portraits de ceux qui s’adressaient à lui, il les renvoyait à de Vos, en disant : « Allez chez lui, il fait aussi bien que moi. »
Les œuvres d’art de toute sorte que possédait Rubens avaient acquis au dehors un grand renom et attiraient chez lui de nombreux visiteurs. Le catalogue de ses collections, dressé lors de la cession qu’il en fit quelques années après au duc de Buckingham, ainsi que l’inventaire régulièrement établi après sa mort, nous renseignent sur les goûts de celui qui les avait réunies. En ce qui concerne les tableaux, la prédilection de Rubens pour l’école de Venise nous est clairement prouvée par ces deux documents. Sur la première de ces listes nous relevons, en effet, non seulement 19 peintures de Titien, 17 de Tintoret et 7 de Paul Véronèse, mais jusqu’à 82 copies, dont 21 de