‹ Rubens; sa vie, son œuvre et son tempsChapitre 278 sur 553 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

nir de l’exercice aux plus curieux naturalistes ». Dans le même ordre d’idées scientifiques, nous voyons que Rubens possède aussi les Raisons-y^ des forces mouvantes de Salomon de Caus et les Éphémérides du mouvement des Astres.

Il est également sollicité par l’étude de la Religion, par celle de la Philosophie ou du Droit, et il recherche toujours les meilleures éditions des principaux écrivains, poètes, moralistes et historiens de l’antiquité. Plus tard, à mesure que la diplomatie prendra une plus grande place dans ses préoccupations, il se procurera les livres qui peuvent le mieux lui faire connaître l’état de l’Europe, surtout de la France. C’est ainsi qu’il achètera successivement : Philippe de Commines, les Mémoires de Mornay, les Lettres du cardinal d’Ossat, le Mercure français et un grand nombre de pamphlets politiques : Avertissement au Roy de France, Charitable remontrance de Caton Chrétien à Monseigneur le cardinal de Richelieu ; Lettre de la Reme mère au Roy ; Satires d’État ; Mars Gallicus, etc. Cependant les lectures qu’il prise le plus sont celles des auteurs qui peuvent lui suggérer des sujets de tableaux, comme Virgile, Ovide, Philostrate ; ou celles qui, ayant un rapport plus direct avec son art, ont pour objet d’étendre ses connaissances en archéologie, en numismatique, en architecture. Aussi a-t-il réuni une grande quantité de publications sur les monnaies et les médailles, sur les antiquités de tous les pays, romaines, siciliennes, persanes, germaniques, etc., ainsi que les traités de Vitruve, de Vignole, de Vincentio Scamozzi, de Jacques F rancart et de Serlio.

Peu à peu ses achats étaient devenus si nombreux et sa bibliothèque avait pris un tel développement qu’avant sa mort il dut faire un dépôt de ses livres dans une des maisons qui lui appartenaient. Beaucoup de ces publications étaient d’un grand prix ; mais ce n’est point pour la montre qu’il les avait acquises, c’était pour les lire et les relire, pour ajouter à son savoir, pour stimuler son imagination, « pour exciter sa verve et échauffer son génie ». Avec l’heureuse mémoire dont il est doué, il sait, du reste, par cœur de longs passages de Virgile, il possède à fond l’histoire romaine et les citations des moralistes lui viennent naturellement sur les lèvres ou sous la plume. Il ne faut donc pas s’étonner, ainsi que le remarque de Piles, « s’il avait tant d’abondance dans les pensées, tant de richesse dans l’invention, tant d’érudition et de netteté

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