‹ Rubens; sa vie, son œuvre et son tempsChapitre 283 sur 553 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

d’or au cou, le peintre se montre à nous de trois quarts. Bien qu’à ce moment il ait déjà quarante-cinq ans, il semble beaucoup plus jeune. Le chapeau placé de travers, non sans quelque coquetterie, dérobe le haut du front où les cheveux commencent déjà à se faire plus rares. Mais la bouche est fine et vermeille, le regard franc et assuré, la moustache crânement retroussée ; la barbe devenue plus épaisse est aussi plus crépue. En même temps que nous trouvons ici la pleine maturité de la vie, l’exécution très sûre, à la fois large et délicate, nous révèle l’entière maîtrise du talent. C’est le grand artiste dans toute sa gloire. Il a déjà produit bien des chefs-d’œuvre; sans fausse modestie, comme sans vanité, il a conscience de sa force, et parmi ses contemporains il n’est pas de nom qui égale le sien. Le petit page de la comtesse de Lalaing a fait son chemin; mais pas plus que les autres, il n’est étonné de sa fortune. Il est devenu le familier des grands, il a la santé, la richesse, la célébrité; tout lui sourit. C’est bien ainsi qu’il de\ait paraître devant la postérité; c’est l'image qu’elle a gardé de lui, celle qui répond le mieux à l’éclat de sa vie et de son génie.

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