RELATIONS DE RUBENS AVEC PEIRESC
ment très importante, celle d’une suite de douze compositions destinées à être reproduites en tapisseries et représentant VHistoire de Constantin. C’était là un travail fait pour lui plaire et rien ne lui était plus facile, avec sa connaissance de l’antiquité romaine et l’expérience déjà acquise par l’exécution des cartons de VHistoire de Decius Mus, que de le mener rapidement à bonne fin.
On çonçoit que les démarches et les débats occasionnés par ces commandes avaient pris bien du temps. Mais Rubens trouvait à se dédommager de ces ennuis dans le commerce des hommes distingués avec lesquels il avait à ce moment noué des relations. Ce n’était pas cependant parmi les peintres qu’il pouvait rencontrer des fréquentations à son goût. La France n’en comptait guère alors qui fussent un peu en vue. Martin Fréminet venait de mourir en i6ig, et les artistes de la génération nouvelle que leurs aspirations portaient vers l’Italie allaient peu à peu s’y fixer. Simon Vouet, parti en 1612, y restait jusqu’en 1627. Poussin, âgé alors de vingt-huit ans, mais employé jusque-là à des travaux secondaires, n’avait encore rien fait qui pût attirer sur lui l’attention. Deux ans après, d’ailleurs, il partait aussi lui-même pour Rome, où Valentin et Claude Lorrain devaient bientôt le suivre pour y demeurer, comme lui, jusqu’à leur mort. Quant à la colonie étrangère établie à Fontainebleau, aux Italiens qu’y avait attirés François F'", -étaux Flamands, comme Ambroise Dubois et Toussaint Dubreuil, qui les avaient remplacés, le talent, bien plus encore que les occasions de se produire, manquait à leurs successeurs.
On comprend qu’en présence de cette pénurie d’artistes, Marie de Médicis se soit adressée à Rubens. Mais si celui-ci ne trouvait guère avec qui frayer parmi ses confrères, en revanche, la société parisienne lui offrait une élite d’esprits cultivés, alliant à une grande force de bon sens toutes les grâces et les séductions de l’urbanité. C’est alors, en effet, que Rubens fit la connaissance personnelle de Claude Fabri de Peiresc, un des érudits les plus éminents et les plus aimables de cette époque. Né le U'' décembre i58o à Belgentier, en Provence, Pereisc était presque du même âge que lui, et bien des affinités de caractère et de goûts devaient le rapprocher de Rubens. Ayant depuis longtemps entendu parler de lui, il avait le plus grand désir de le connaître. De son côté, l’artiste était déjà l’obligé du savant; c’est, en effet, grâce à l’entremise de