‹ Rubens; sa vie, son œuvre et son tempsChapitre 296 sur 553 · SEJOUR A PARIS · texte numérisé non relu

SEJOUR A PARIS

La place réservée dans le palais du Luxembourg aux peintures de la vie de Marie de Médicis s’étant trouvée plus considérable qu’on ne l’avait estimé d’abord, des dimensions plus grandes furent assignées à trois des tableaux projetés : le Couronnement de la Reine, V Apothéose d’Henri IV dont le sujet fut réuni à celui de la Régence et le Gouvernement de la Reine. Placées à l’une des extrémités de la galerie, ces grandes toiles devaient partager en deux la série des dix» huit autres compositions encadrées entre les fenêtres dont cette galerie était percée symétriquement : neuf sur le jardin et neuf sur la cour. La petite paroi entre les deux portes donnant accès à la chambre de la reine recevrait les portraits du père et de la mère de Marie de Médicis, disposés de chaque côté d’une cheminée au-dessus de laquelle une place avait été réservée pour son propre portrait. Les mesures nouvelles des grands tableaux furent envoyées à Rubens dès le commencement de novembre 1622. îl eut donc à modifier l’esquisse déjà faite du Couronnement de la Reine pour lui donner plus de développement (i). A raison du court espace de temps qui lui était laissé pour l’achèvement total, il n’y avait pas un moment à perdre. Vers le commencement du mois de mai 1623, la reine mère ayant appris que l’artiste avait terminé un certain nombre de tableaux, le fit prier par l’abbé de Saint-Ambroise de les apporter à Paris pour juger de l’effet qu’ils produiraient en place. Dès le 24 mai suivant, l’artiste était arrivé d’Anvers avec neuf de ses toiles qu’il faisait immédiatement retendre sur châssis. Avec sa complaisance habituelle, il s’était chargé d’apporter aussi avec lui une partie de la collection de médailles laissée par Charles de Croy, duc d’Arschot, dont Rockox, après avoir en vain essayé de la vendre en bloc à Anvers, pensait qu’il serait plus facile de se défaire à Paris. Suivant un accord conclu entre Rubens, Peiresc et un amateur alors bien connu, le président de Laujon, ces médailles furent partagées en plusieurs lots, dont les trois contractants conservèrent la plus forte part.

Cependant les peintures étant disposées, Marie de Médicis était venue exprès de Fontainebleau pour les voir. Au dire, non seulement de Peiresc (lettre du 23 juin à J. Aleander), mais du représentant du duc de Mantoue, Giustiniano Friaudi (dépêche du i5 juin), elle les avait

(i) Le MEsée de l’Ermitage possède l’esquisse primitive ; l’autre est à la Pinacothèque de MuDÎch.

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