‹ Rubens; sa vie, son œuvre et son tempsChapitre 30 sur 553 · ADAM VAN NO O RT · texte numérisé non relu

ADAM VAN NO O RT

récentes recherches des érudits ont fait justice de ces imputations mensongères, en rétablissant sur ce point la vérité et les études de MM. Max Rooses et Van den Branden nous permettent aujourd’hui d’exposer sommairement les principaux faits de la vie du second maître de Rubens. Son père, Lambert van Noort, peintre lui-même, était né vers i520 dans les Pays-Bas et il était venu s’établir à Anvers, où il habita jusqu’à sa mort. Inscrit sur les listes de la Gilde de Saint-Luc en iSqg, il recevait, l’année d’après, ses lettres de bourgeoisie. Ses Sibylles portant les instruments de la Passion, datées de 1 565 et d’autres scènes également inspirées par le récit de la Passion, — ces tableaux, peints pour la salle de réunion de la Gilde, appartiennent au Musée d’Anvers, — sont des ouvrages d’un dessin assez mou, d’une exécution grossière et d’une couleur peu harmonieuse. Il travaillait aussi pour la maison Plantin et le frontispice, gravé d’après un de ses dessins, d’un Traité d’ Anatomie édité en i566, lui avait été payé 3 florins lo sous (i). Mais de pareils ouvrages n’étaient pas faits pour mener leur auteur à la fortune et au moment de sa mort, en iSyi, les administrateurs des biens de la Cathédrale faisaient « pour l’amour de Dieu et à raison de la grande pauvreté du défunt », remise à ses enfants de la dernière année du loyer de la maison où il logeait et qui appartenait à cette église. Aussi Adam, son fils, qui avait embrassé la même carrière que lui, se voyait-il dès l’âge de quatorze ans obligé de gagner sa vie. C’est probablement pour essayer de se tirer d’affaire qu’il était, à ce qu’on croit, allé en Italie, assez tardivement, car on ne trouve son nom sur les listes de la Gilde qu’en 1687. Mais il s’était marié l’année d’avant avec Élisabeth Neys, qui lui donnait deux fils et trois filles, dont l’aînée devait, en 1616, épouser Jacques Jordaens, élève de van Noort. Les noms de plusieurs des personnages marquants de l’aristocratie anversoise figurent sur les actes de baptême des enfants du maître, preuve de la considération dont il jouissait, et, après avoir activement concouru à la réorganisation de la Chambre de Rhétorique de Violiere dont il était un des membres les plus zélés, il en était nommé doyen en 1619. Il avait, du reste, acquis une certaine aisance, car il possédait rue Everdy, dans un des plus beaux quartiers de la ville, deux maisons, dont l’une servait d’habitation à son gendre Jordaens et à lui-même. On les retrouve également tous

(1) Catalogue du ^fusée Planliu, p. 106.

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