TABLEAUX DE CETTE ÉPOQUE
sir le nombre des commandes dont il était chargé. Pour faire face à tant de travaux qu’il lui fallait parfois livrer à bref délai, il était donc forcé de recourir plus largement à l’aide de ses élèves ou de ses collaborateurs. Si toujours il leur remettait, pour les guider, une esquisse très arrêtée de sa com*position, trop souvent, en revanche, il demeurait étrangerà l’exécution des peintures définitives. Aussi, d’ordinaire, ses esquisses sontelles supérieures aux œuvres pour lesquelles elles ont été faites, et c’est avec raison que Delacroix les trouve « bien plus fermes et mieux dessinées que ses grands tableaux». Parmi ceux-ci, les sujets religieux tiennent naturellement la plus grande place, et, sans prétendre mentionner tous les ouvrages de Rubens en ce genre, nous nous arrêterons à ceux auxquels il a pris une part plus directe.
U Adoration des Bergers, qui se trouve aujourd’hui à l’église de la Madeleine, à Lille, avait été peinte vers ifiaS pour l’église des Capucins de cette ville, et elle y était restée jusqu’à la Révolution. C’était là un thème qui plaisait à l’artiste, et plus d’une fois déjà il l’avait traité, notamment dans la grande toile, assez banale d’ailleurs, qu’il terminait à la fin de ifiîQ pour le duc Wolfgang de Neuburg. En le reprenant de nouveau, il arrivait à lui donner, avec plus de charme, le caractère de rustique